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Publié par elsapopin

C’est dans cette grotte de Denisova (Sibérie) qu’a eut lieu une exceptionnelle découverte  historique : parmi nos ancêtres il ya l’homme de Néandertal, l’ Homo sapiens et… Dénisovien, un homme qui n’est pas venu d’Afrique !

Poussons plus loin encore les portes du savoir oublié…
  Pendant longtemps les Cro-Magnons et les Néandertaliens ont tenu la vedette de la période préhistorique.

Mais ce face-à-face est désormais obsolète !

Ils n’étaient pas les seuls à vivre en Europe et en Eurasie il y a 30.000 à 40.000 ans. Un nouveau membre de la famille des Homo a été découvert en Sibérie, dans les montagnes de l’Altaï, annoncent aujourd’hui des chercheurs dans la revue Nature.
En 2008, des chercheurs trouvent une phalange dans la grotte de Denisova, dans l’Altaï. Difficile de dire à qui appartenait ce petit bout d’os.

Jusqu’à ce que l’équipe de Svante Pääbo et Johannes Krause, de l’Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne), s’en mêle. Ces chercheurs se sont illustrés par le séquençage de l’ADN nucléaire de l’homme de Neandertal. A partir de quelques dizaines de milligrammes de poudre d’os, ils sont parvenus à extraire et séquencer l’ADN mitochondrial (contenu dans de petites organites de la cellule) de l’inconnu de Denisova. Et à le comparer avec l’ADN mitochondrial (ADNmt) d’Homo sapiens sapiens (l’homme moderne) et d’Homo neandertalensis.



Un homme nouveau


Première conclusion : il s’agit d’un type d’Homo différent qui était très probablement contemporain et voisin des Néandertaliens et des premiers hommes modernes.

cette photo prise le 14 juin 2015 et obtenue de l’Université d’Oxford/Institut Max Planck le 22 août 2018 montre un fragment d’os de « Denisova 11 » découvert en 2012 par des Russes dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie. ©Thomas Higham / University of Oxford / AFP Découvert en 2012 dans une grotte des montagnes de l’Altaï en Sibérie, près de la frontière actuelle entre la Russie et la Mongolie, « Denny » comme l’ont appelé les chercheurs, appartenait à un être de sexe féminin d’au moins 13 ans, vivant il y a environ 50.000 ans. L’os viendrait de son fémur, de son tibia ou de son humérus. La grotte où elle est décédée, dite de Denisova, était déjà célèbre pour avoir livré les premiers reste fossiles de l’Homme de Denisova, des fragments d’une phalange d’auriculaire.

A 100 km de Denisova, dans les montagnes de l’Altaï, des restes de Néandertaliens ont été retrouvés.

Seconde conclusion : ce nouveau venu partageait un ancêtre commun avec les premiers hommes modernes et les Néandertaliens il y a environ un million d’années (contre 500.000 ans environ pour les deux autres). L’ADN mitochondrial, transmis par la mère, permet de reconstruire des lignées et donc de placer un individu dans un arbre phylogénétique. 

Il n’est pas venu d’Afrique ! Un scoop !

Les implications de cette découverte sont nombreuses. Elle contraint à revoir une nouvelle fois les routes suivies par les différentes branches d’Homo depuis l’Afrique vers l’Asie, l’Eurasie ou l’Europe de l’ouest.

L’homme de Denisova ne serait pas issu de la branche d’Homo erectus (ou ergaster africain) sortie d’Afrique ,il y a presque 2 millions d’années, analysent Pääbo et Krause. Il ne serait pas non plus issu des Homo heidelbergensis, ancêtres présumés des Néandertaliens, qui auraient eux quitté le berceau africain il y a entre 300.000 et 500.000 ans. Conclusion : il faut envisager une autre sortie d’Afrique.
Multiples vérifications

Pour s’assurer que le matériel génétique issu de la phalange n’est pas contaminé, les chercheurs du Max Planck utilisent plusieurs niveaux de vérification :

1/ l’extraction est réalisée deux fois,

2/ la séquence est comparée avec de l’ADNmt moderne pour vérifier qu’il s’agit bien de l’ADN d’un seul individu,

3/ les caractéristiques connus d’un ADN ancien ayant subi des dégradations permet de confirmer qu’il ne s’agit pas de l’ADN d’un chercheur!

Ces travaux témoignent de la portée des nouvelles méthodes d’analyses de l’ADN ancien en anthropologie. Sans l’extraction de l’ADNmt, ce petit bout d’os de la main n’aurait jamais pu permettre de déterminer de quel type d’Homo il s’agissait.

Extraire l’ADN nucléaire, la fameuse molécule abritée par le noyau de la cellule, donnerait accès à davantage d’informations encore. Mais il est plus difficile à récupérer que l’ADN des mitochondries, dont chaque cellule contient plusieurs milliers de copies.

Cécile Dumas
Sciences et avenir.fr

L’analyse génétique d’un fossile d’enfant prouve que Néandertaliens et Dénisoviens devaient s’accoupler fréquemment. Ce fragment osseux est exceptionnel car c’est la première fois que l’on découvre les restes d’un descendant direct d’un tel croisement entre deux espèces d’hominidés.

Cette photo prise le 14 juin 2015 et obtenue de l’Université d’Oxford/Institut Max Planck le 22 août 2018 montre un fragment d’os de « Denisova 11 » découvert en 2012 par des Russes dans les montagnes de l’Altaï en Sibérie.

« Il était une fois, il y a 50.000 ans, une Néandertalienne et un Dénisovien. De leur union naquit une enfant… Un minuscule fragment d’os apporte aujourd’hui la preuve d’un accouplement entre ces deux espèces de la lignée humaine. « 

« C’est la première fois qu’on trouve un descendant direct de ces deux groupes« , explique à l’AFP Viviane Slon, de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig en Allemagne, coauteur de l’étude publiée mercredi 22 août 2018 dans le magazine Nature

Les Dénisoviens et les Néandertaliens se sont séparés il y a 400.000 / 500.000 ans, devenant deux espèces distinctes du genre Homo (les Homo sapiens en formant une autre).

L’homme de Néandertal a disparu de la surface de la Terre il y a environ 40.000 ans, pour une raison toujours inconnue. Les Dénisoviens se sont également éteints mais l’on ne sait pas exactement quand. Par contre, des analyses ADN ont prouvé que l’Homme de Denisova a laissé une partie de son génome à certains Homo sapiens: moins de 1% chez les populations asiatiques et amérindiennes, et jusqu’à 5% pour les aborigènes d’Australie ou les Papous de Nouvelle-Guinée. De la même manière, tous les humains modernes à l’exception des Africains ont dans leur génome environ 2% d’ADN légué par Néandertal, preuve des croisements qui ont pu se produire entre ces espèces dans un lointain passé.

Cette histoire familiale est révélée par un os de 1,5 cm, si petit que les chercheurs ne pouvaient dire au premier abord s’il avait appartenu à un hominidé ou à un animal.

En analysant « Denny », des généticiens sont parvenus à distinguer les chromosomes que la jeune femme a hérités de son père et de sa mère. Pas de doute pour eux, ils lui ont été légués par une Néandertalienne et un Dénisovien Séparation précoce pour Néandertal et Denisoviens

Les deux anciens cousins des humains ont divergé il y a environ 744.000 ans selon une étude qui apporte un nouvel éclairage sur l’évolution de ces populations et de l’homme moderne.

La lignée Neandertal-Denisova était presque éteinte après s’être séparée de celle des hommes modernes plusieurs centaines de milliers d’années auparavant, ne comptant que quelques centaines d’individus, ont déterminé des chercheurs dont les travaux paraissent dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences(PNAS). 

Après la divergence entre Denisoviens et Néandertaliens, ces derniers ont connu un net accroissement démographique, atteignant des dizaines de milliers d’individus, expliquent-ils. Jusqu’alors, on estimait que la population néandertalienne n’avait probablement pas excédé le millier !Des gènes de l’homme de Denisova chez les Inuits

Hérités de ce représentant disparu du genre Homo, ils permettent à des populations de l’Arctique de supporter les grands froid.

Bien que disparus il y a plus de 30 000 ans, l’homme de Neandertal et plus encore celui de Denisova – un autre représentant du genre Homo – ont légué de précieux gènes à des populations modernes, révèle une équipe internationale de généticiens.

En particulier aux Inuits de l’Arctique et, plus généralement, à toutes les populations amérindiennes arrivées sur le continent américain par le détroit de Bering.

Toutes conserveraient en effet dans leur génome une trace de croisement avec les représentants de ces souches humaines plus anciennes qui vivaient en Sibérie, trace qui leur permet aujourd’hui d’affronter et de supporter les rigueurs du Grand Nord.

Les chercheurs dirigés par Rasmus Nielsen, de l’université de Berkeley (États-Unis) ont décelé que les Inuits possèdent une variante très particulière du chromosome 1, portant deux gènes (TBX15 et WAR2). Le gène TBX15 joue un rôle dans le développement du corps et notamment dans celui du tissu graisseux brun, utilisé pour produire de la chaleur en cas de froid. Plus on remonte vers le Nord, plus cette variante génomique  apparaît fréquente parmi les populations asiatiques, alors qu’elle est absente en Afrique, rare en Europe et peu répandue en Océanie.Au nord-est de la Sibérie et au pied de l’Himalaya

Les chercheurs ont établi que cette variante était proche de celle portée par les hommes de Neandertal et plus encore de celle des hommes de Denisova, qui vivaient en Asie centrale il y a plus de 30 000 ans et étaient adaptés aux climats froids. Une forme très bien conservée de la variante dénisovienne a même été retrouvée par les chercheurs chez deux ethnies vivant encore dans le nord-est de la Sibérie, les Iakoutes et les Évènes, ainsi que chez les Naxi, établis dans le sud de la Chine au pied de l’Himalaya, tandis que la forme des Inuits se retrouve chez les Amérindiens.

Découverts dans la grotte de Denisova en Sibérie en 2008, ces fragments n’appartiennent ni à un Néandertalien ni à un homme moderne, d’après l’analyse de l’ADN mitochondrial extrait de l’os de la main réalisée par l’équipe de Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutive de Leipzig (Allemagne). Allant plus loin, ces chercheurs ont séquencé 70% de l’ADN nucléaire de l’individu, autrement dit de son génome, vieux de 30.000 à 50.000 ans.

Ils confirment qu’il s’agit bien d’un ancêtre à part.

Pääbo et ses collègues, qui publient un nouvel article aujourd’hui dans la revue Nature, restent prudents: ils parlent d’un «homininé [un membre du genre Homo] archaïque» appartenant à la population disparue des « Denisoviens » et ne s’avancent pas à nommer une nouvelle espèce. 

La molaire retrouvée sur le même site, dont l’ADN mitochondrial est similaire à celui de l’os, est elle aussi différente de la dentition des Homo neandertalensis comme de celle des Homo sapiens, confirmant la singularité des Denisoviens.

Source : « sciences et avenir »

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