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Publié par elsapopin

Les poémes de Serge Grangon ont été primés, à de nombreuses reprises au concours des Sonnets Foreziens de Boën dans les années 1980-1990.

Bien qu'écrivant toujours, Serge se consacre plus aujourd'hui à sa passion pour l'Histoire, avec la publication de nombreux ouvrages ( voir article du 3 octobre 2009 ) et ces poèmes que nous vous offrons de découvrir aujourd'hui sont à déguster en connaisseur.



CLAUDE FERRIER, VICAIRE
 ( sonnet, prix du Lignon )

Au bord du parchemin, sa plume se fit lente.
L'acte enfin relevé, ne restait qu'à signer.
Au bout de cinquante ans, Claude était résigné
A laisser son registre en des mains moins tremblantes.


En avait-il rempli, des pages terrifiantes,
Quand Montarcher était par la peste gagné !
A noter un mariage il croyait éloigner
La hideuse camarde à la faux obsédante.

Sur ce pic où flottait un goût d'éternité,
Il fit dresser la croix, vers une extrémité,
Son nom fut buriné dans le creux du granite ;

Près du choeur de l'église, il est toujours servant.
Sur sa tombe, en dessin, loin d'être un triste ermite,
Plus gras qu'un moine il rit, priant pour les vivants.

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BERGERE EN FOREZ

Justine avait grandi. Depuis, bon an, mal an,
Du fait qu'elle arborait une belle prestance.
Maint parent s'acharnait à lui trouver galant.
La fille s'alarmait de tant de prévenances.

Elle ne voulait pas d'un mariage arrangé,
 N'en déplaise au parrain, n'en déplaise au notaire,
Elle les soupçonnait de vouloir mélanger
Les affaires du coeur à de plus terre à terre

" Tu devrais convoler...Fille qui trop attend
Passer les vingt-cinq ans rend les oreilles rances ! "
Mais elle restait sourde aux avis compétents
Prompts à lui rappeler sa proche déchéance.

" Surtout pas poitrinaire, il te le faut vaillant,
Les rouges et les blancs ne font pas bon ménage.
Tant mieux s'il y a des sous, c'est qu'il est prévoyant.
Jette un oeil aux parents, ça compte, un bon lignage ! "

L'oreille bourdonnant des conseils prodigués
Elle partit aux champs pour y garder ses chèvres,
Un dimanche d'avril. Un passant subjugué
Se cacha pour la voir derrière les genièvres.

Il vint à sa rencontre, elle appela les chiens,
S'étonna bien un peu de n'être pas fâchée,
Mais elle lui trouvait un si charmant maintien...
Qui chercha le premier les chèvres détachées ?...
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