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Publié par Serge Granjon

 

 

 

« Nous avons voulu donner au commerce local une arme pour se défendre, pour lutter contre la crise. Nous avons été suivis ». L’architecte Auguste Bossu se félicitait des premiers succès de son Limiprix, rattaché à la Société des magasins à prix limités.

 

Fait est que le 17 novembre 1935, il avait enregistré près de 100.000 visiteurs. Le concepteur l’avait voulu idéal, comme la cité du Corbusier, qu’il prenait pour un maître à penser la ville. Inspiré par l’évangile de la copropriété selon Auguste Bossu, pratiqué depuis treize ans, Limiprix reposait sur le même principe fondamental. Dans Saint-Etienne à peine remis de la dépression des années trente, un appartement tout confort s’achèterait plus facilement qu’une maison, devenue inabordable. Afin d’expérimenter sa théorie sur plus grande échelle, l’architecte venait de créer « le magasin des petits et moyens commerçants ». Irréalisable à chacun, il devenait un bien accessible à plusieurs, une fois pré-installé, moyennant une simple participation pour l’agencement, sans pas-de-porte ni réparations à payer.

Ouverts le 9 novembre, à l’angle des rues Wilson et Aristide-Briand, ses 92 stands proposaient une multitude d’articles, jusqu’à des trousseaux…pour messieurs, sous un éclairage « abondant, rationnel et sans pannes ».

 

La « clim » avant l’heure et le premier escalator


Quant à la température, « un procédé nouveau évitait au public la brusque transition de l’extérieur dans un magasin surchauffé. Le même procédé permettait l’aération continuelle sans courants d’air, et le maintien, pendant les plus fortes chaleurs, d’une atmosphère idéale ».

Parmi d’autres innovations, pour la première fois à Saint-Etienne, un commerce offrait un escalier automatique. Il pouvait transporter 4.000 personnes à l’heure, depuis le restaurant ou les deux salles de dégustation du CINEMA1.jpgsous-sol ( bleue pour les femmes, et rouge pour les hommes), jusqu’au premier étage. Il les déposait ainsi à deux pas du café ultramoderne, et de la salle du Ciné-Presse Stéphanoise, chapeauté par les trois quotidiens de la Loire.

C’était un permanent, de 10h à 24h, qui présentait une heure de spectacle « dans des conditions de confort et de sécurité parfaites, avec des sorties de secours un peu partout »…et une consommation gratuite au Ciné-Bar, avant 13h. Il projetait les actualités nationales de « l’Eclair-Journal » ou du « Fox-Moviétone » et, pour la première fois en province, des actualités locales. Documentaires et dessins animés complétaient la séance. De quoi permettre « au travailleur de trouver un délassement à son labeur, au flâneur de se divertir en regardant les dernières nouvelles animer l’écran, et aux parents de s’amuser, tandis que les enfants s’instruisaient ». Comme un harmonieux complément au Rassemblement populaire qui servirait, cette année-là, de prélude au Front populaire…

 

Maisons_sans_escalier.jpg

 

Auguste Bossu est un architecte français de la première moitié du 20 eme siecle, ses oeuvres les plus connues sont  " les maisons sans escalier " construites en 1934 et 1935 au 54 et 56 rue Daguerre à Saint Etienne

http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Auguste_Bossu&oldid=28407845.

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