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Publié par s. Granjon

 

La rançon sans la gloire

 

 

 4332072695_f756c9ba5b_s.jpgRetour sur 1814 et les dernières victoires de l’Empire aux abois. Même les plus fidèles ne pourraient contenir le torrent des alliés déferlant sur la France. Parmi eux, le comte de Montholon…qui plus tard assista au tomber de rideau.

Insoucieuse de la rumeur publique, sa femme la comtesse Albine de Montholon le resterait jusqu’au seuil de l’histoire.  Soupçonnée bientôt d’être à Sainte-Hélène  devenue l’ultime favorite de l’empereur, la pétulante Albine vivait en attendant, certain soir de mars 1814, une aventure qui n’avait rien d’une fugue sentimentale, mais plutôt une fuite éperdue.

Une troupe autrichienne se dirigeait sur Montbrison, le préfet rambuteau transférait le chef-lieu à Saint-Bonnet le Château, dans ces monts du couchant peuplés des soldats de Napoléon.
Avant de quitter Montbrison, il y envoya, pour leur sécurité, sous forte escorte, sa femme et ses enfants, ainsi que la comtesse de Montholon, dont l’époux dirigeait la défense du département, urgente après la capitulation de Lyon.blog-portrait-general-de-montholon.jpg
Trois colonnes autrichiennes envahirent la Loire, et parmi elle, celle dirigée sur Saint-Etienne, attirée par la fabrique d’armes. Les retranchements dressés à la hâte dans les bois du coteau de la Fouillouse, par  les troupes repliées sur Saint-Etienne, annonçait une bataille d’envergure. Elle n’aurait pas lieu : les Autrichiens arrivèrent par la vallée du Gier.

La municipalité stéphanoise fit valoir aux éclaireurs le danger d’occuper une ville populeuse, où chaque habitant était armé. Le prince de Saxe-Cobourg entra néanmoins dans la cité à la tête d’une brigade de 5000 hommes. Il adressa une proclamation  promettant le respect des personnes et des biens.  Un point de vue que ses hommes ne partageaient pas forcement.

De la réquisition au réquisitoire

Claude Bauzin, au hameau de la Montat, en fit le premier les frais : Il dut nourrir 500 chevaux durant trois jours. Sa grange fut pillée, ses chars et charrues brûlés, son mobilier et sa cour ravagés.
Le sieur Nicolas Guyot, aubergiste place Polignais, dut loger 25 cavaliers et leurs montures. En outre ils le brutalisèrent pour obtenir ce qu’il leur plaisait.
Quinze bottiers choisis d’office pour réparer les brodequins autrichiens furent payés à moitié prix.
Pendant de temps Monthelon échoué dans sa diversion pour repousser l’envahisseur sur Lyon. Le maréchal Augereau , qui vieillissait dans la nonchalance, ne pourrait l’épauler : il avait retranché son armée derrière l’Isère.

Commencées le 10 février 1814 à Charlieu, les réquisitions autrichiennes frappèrent la plupart des communes de la Loire et se poursuivirent au moins jusqu’au début mai, quand une ordonnance de Louis XVIII défendit aux particuliers de leur obéir. A cette date, les Autrichiens venaient de quitter saint-Etienne. Avec l’avant-goût d’un faux départ…

Ils occupèrent à nouveau le département en 1815, après Waterloo. Un mois environ. Juste assez pour qu’un certain Claude Félix, voiturier, rue du Puy à Saint-Etienne, retrouve son logement occupé par des cavaliers, et dix bottes de sa paille par… des chevaux. Et pour que trois aubergistes de la ville, la veuve Epitalon, Paul Thévenon et Vérin Fourniéri logent aussi soldats et chevaux, sans pouvoir recevoir le moindre client. Lepire fut le fait du chevalier Lehmann, nommé commissaire de gouvernement à Montbrison. Il parvint, en l’espace de quinze jours, à réaliser quatre millions de francs de réquisitions.
Le nouveau préfet parla de  ‘’ monstrueuses exagération  ‘’, et du coup se défia de  ‘’ nos amis les ennemis’’.

 

Photos flickr : Albine de Montholom

                Général de Montholon

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