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Publié par Serge Granjon

Au nom de Garibaldi

 

Garibaldi en 1866

 

Cours Jovin-Bouchard, les flocons enveloppèrent bientôt le monument. Ainsi, du soldat mourant, seuls émergeaient le front vers la Patrie et le laurier qu’elle allait y poser.

 

La nature se mêlait d’animer ce tableau. Pour l’unique fois depuis un mois d’hiver, la neige tombait à profusion, noyait d’un épais suaire le combattant d’une autre guerre, mais contre le même adversaire. Le conflit, vieux de presque un demi-siècle, n’était jamais sorti des mémoires. Et, ce matin, il devenait plus actuel encore que jamais. Devant l’enclos s’ouvrit un cordon du 102e territorial afin de permettre à des volontaires italiens, blessés, de rester au premier rang ; un symbole éloquent qui valait des discours. Il était dimanche, le 17 janvier 1915, quand la cérémonie rendit hommage à Bruno et Constantin Garibaldi, tombés voilà peu devant un ennemi commun. Dignes de leur grand-père Giuseppe, engagé au service de la France contre les Prussiens, ils tenaient à suivre son exemple.

Parmi les personnalités présentes, aurait de plein droit figuré Barrallon, ancien maire de Saint-Etienne. La 4e brigade de chasseurs de l’armée des Vosges, à laquelle il se trouvait affecté en 1870, avait contribué à la défense de Dijon, dont Garibaldi assurait le commandement. Lorsque le drapeau du 61e régiment poméranien tomba entre ses mains, la capitale bourguignonne voulut l’honorer d’une statue. L’inauguration, fin mars 1900, fut à la hauteur du héros au soutien désintéressé. Revêtu de la chemise rouge que portaient ses troupes, Pierre Barrallon y avait prononcé un discours rappelant qu’ « au jour du péril et du malheur, un étranger illustre vint noblement mettre sa généreuse épée au service de notre patrie ».

 

Le nouveau serment des Horace

Au terme de janvier 1915, ses descendants se sentaient toujours disposés à le prendre pour modèle. Après une visite rendue aux blessés italiens du Val-de-Grâce, Peppino et Ricciotti furent reçus aux Invalides où, pour la photo souvenir, ils placèrent entre eux deux le trophée conquis par leur grand-père. Ils saisirent l’occasion pour rappeler que « les Garibaldi ont toujours fait leur devoir. Nous avons fait le nôtre, nous voudrions faire mieux. Deux de nos frères sont morts pour la France…Nous restons quatre qui sommes prêts à donner notre vie…et derrière ces quatre il reste la Légion garibaldienne et derrière la Légion garibaldienne il reste l’Italie tout entière, l’Italie impatiente et frémissante, prête au devoir… »

Quatre mois plus tard, le pays déclarait officiellement la guerre à l’Allemagne. Num-riser0073-copie-1.jpg

 

SERGE GRANJON

Au nom de Garibaldi

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