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Publié par Serge Granjon

La mort annoncée du théâtre

 

Ce que j’ai toujours trouvé de plus beau dans un théâtre, c’est le lustre…Après tout, il m’a toujours paru l’acteur principal, confiait Baudelaire dans ses « Journaux intimes ».

 

Il tenait même à Saint-Etienne le premier rôle d’une tragédie…en suspens. A défaut de l’épée de Damoclès, la flopée de ses pendeloques menaçait à chaque instant d’ensevelir le public du parterre sous leurs larmes cristallines. Le conseil municipal avait évoqué le 20 septembre ce principal danger du théâtre des Ursules. S’il avait suggéré à la place « des petits groupes de lampes », pour ne plus fatiguer la charpente, d’autres périls planaient sur les têtes, comme l’armature rongée avec des poteaux affranchis de leurs socles, ou le lanterneau d’aération au bord de la syncope. L’ensemble de brique et de bois n’avait jamais été réparé, au point que s’imposait sa prompte démolition.

Pour le remplacer, il fut d’abord prévu une partie du cirque. Il se trouvait à proximité, puisque son entrée principale, cours Victor-Hugo, faisait face à la rue Faure-Belon. Mais que de travaux pour aménager la salle et la scène ! Il fallait tout repenser, l’accès et la sortie, les gradins trop serrés et les plateaux trop étroits ; le pourtour des cloisons pour l’isolation thermique, le plafond afin d’améliorer l’acoustique, et une toiture qui dispensât de parapluies. Sans compter les nouvelles ouvertures destinées aux promenoirs ou fumoirs, buvettes et water-closets, ni la construction d’un autre bâtiment réservé aux décors. De tels projets apparurent tellement coûteux qu’ils furent abandonnés.

 

Vers une salle polyvalente

Le 27 décembre 1895, l’assemblée municipale abandonnait le projet d’un théâtre provisoire, qui, en principe, ne devait pas durer plus de cinq ans, et qu’on aurait en fait cherché à prolonger, sous prétexte d’économies. Elle retint alors pour dernière hypothèse une vaste pièce appelée à de multiples usages, d’une exposition à une audition musicale, d’un congrès, d’une kermesse ou encore d’un banquet à une distribution des prix. Comme à ce jour la ville n’en possédait aucune, elle pourrait aussi bien servir de théâtre temporaire, sans en présenter le caractère complet. Construit à part entière, son ouverture supposée fin 1896 n’empêcherait pas le cirque Rancy, après son succès à Lyon, de retrouver l’édifice du cours Victor-Hugo.

La municipalité subventionna quelques artistes victimes de l’arrêt des spectacles aux Ursules. Le chef d’orchestre, la 2ème chanteuse d’opérette, une jeune première ainsi qu’une « choriste jouant des petits rôles » n’avaient pu trouver d’engagement, à cause de la saison avancée. C’est alors que le directeur d’un théâtre ambulant, entièrement éclairé à l’électricité, proposa ses services. Spécialiste en « apparitions, disparitions, transformations de tous genres, comme au Châtelet de Paris », dont il se disait la miniature, il ne parvint pourtant pas à escamoter le théâtre des Ursules, qui rouvrit ses portes après réparations.

 

SERGE GRANJON Le roman de l’histoire

26 décembre 1895 – 2 janvier 1896 :


Citations du dictionnaire
MISOGYNE
( Agnès Michaux )


Pour la femme la liberté ne peut consister
que dans le droit au ménage ( Comte de saint-Simon )


Toutes les femmes capitulent sur l'oreiller
( Etienne Rey )

Les femmes ont trop d'imagination et de
sensibilité pour avoir beaucoup de logique
( Mme Deffand )
J'ai eu tort de dire trop de bien des femmes:
j'ai été ridicule ( Proudhon )
Les dames ont une fâcheuse tendance
 à préférer les palaces aux auberges de jeunesse
( Philippe Aubert, new look 1992 )

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