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Publié par S.Granjon

Le parking aux jardins suspendus

 

Num-riser0073-copie-1.jpgSur le parvis des cathédrales, les démarrages au starter étoufferaient le chant des mystères, quand les évocations du Nouveau Testament auraient cédé la place…au stationnement.

 

Cathédrale Saint-Charles Borromée
Vue générale de l'édifice
 

 

Ce genre de drame se jouait sur l’esplanade face à l’église Saint-Charles. Si elle prenait des airs de terre promise, c’était pour une intruse dont les élans échappaient à ceux de la foi. Ainsi, loin du lait et du miel, seules coulaient l’huile et l’essence, en vertu d’un droit d’asile que s’adjugeait la voiture souveraine. Le curé de la paroisse s’en émut, au point d’exorciser l’intruse. Ce fut cependant par un moyen profane. Il offrit gracieusement à la Ville une bande de terrain. Située devant l’accès principal au parvis, elle pouvait contenir huit véhicules. Alors l’assemblée communale consentit à sa prise en charge, le 14 juin 1965.

  

Une douzaine de voitures admises quelques jours avant sur la place Saint-François, suite à la démolition d’un immeuble, plus une poignée d’autres en bordure de la rue Ronsard…Autant colmater avec des rustines la coque percée d’un sous-marin en plongée. Craignant de voir la cité engloutie par le raz-de-marée automobile, Michel Durafour cita de mémoire un urbaniste new-yorkais : « S’imaginer que l’on résoudra le problème du stationnement en élargissant les rues, c’est croire qu’on lutte efficacement contre l’obésité en lâchant les coutures de son pantalon ». Sans garder le petit doigt sur la couture du leur, par égard pour le nouveau maire, mais pleinement en leur âme et conscience, les conseillers municipaux allaient approuver la construction d’un parking aux Ursules, à l’unanimité moins deux voix.

 

Parc à voitures…et à hélicoptères

  

Après un an et demi d’études, les commissions chargées du dossier l’avaient mis en première urgence. Ces parkings, dits « de dégagement » des voies urbaines, leur avaient semblé prioritaires sur ceux « de dissuasion » aux entrées de la ville, pour l’utilisation des transports en commun.

 

 

parking des Ursules

Place des Ursules, quatre niveaux de stationnement devaient contenir 1080 véhicules, du sous-sol à une terrasse où restait envisagée l’éventualité d’un héliport…Etait projeté un édifice à même de « ménager parfaitement la perspective sur les jardins et les bâtiments de l’Ecole des Beaux-Arts ». Toujours dans un souci d’esthétique, il était « demandé au promoteur de prévoir un recul de 1m20 sur la plateforme supérieure des voitures et l’installation d’une barrière florale de qualité, donnant l’aspect d’un faux jardin ».

A défaut de ceux de Babylone, les Stéphanois devraient s’habituer au prochain décor des Ursules, devenu pour eux un vrai jardin…d’acclimatation.

 

 

Serge GRANJON

 

lien photo Ursules :

saint-e-shopping.com

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