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Publié par le CLA



JE NOUS AVAIS PREDIT

Je nous avais prédit, mon amour, longue marche.
C’était à mi-parcours, en début de saison,
Réfugiés à Ischia, Caveau du Patriarche
Où nous vivions cachés pour de bonnes raisons.
Enchantés par cette île et son indifférence
Aux charmes de Capri, nous apprécions ces vins
D’Italie, disions nous, comme on disait de France
En ces primes années des années quatre-vingt.

Non, je ne cherche pas à raviver des plaies,
A retrouver le ton banal de l’amertume
Ni à ressusciter quelques regrets posthumes.

Nous avons, mon amour, je pense, mieux à faire,
A miser, à jouer et sans en avoir l’air
A jouir de la vie, la vie en soit louée.

Oh bien sûr, prudemment, prendre garde aux dangers,
Que l’on encourt parfois à provoquer la chance,
A se vouloir léger. Feindre l’indifférence
N’est pas de notre goût et quand je dis jouer,
Ce n’est pas seulement aux dés, ni même aux cartes…
C’est oser exposer ses rêves, l’utopie,
Qui nous a ouvert l’appétit, appris à boire
L’espoir à la bouteille, à marcher sans répit,
A supporter le froid, l’effroi, la peur, l’ennui,
A ne pas renoncer au plus noir de la nuit.

Je nous avais prédit, mon amour, longue marche,
Cahotante parfois, comme après avoir bu.
Ce soir, nous approchons du but, mais ce n’est pas
Raison pour hésiter, pour ralentir le pas…

Poésie en Stéphanie - 2001

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