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Publié par le CLA

 

Décomposition

 

 

Il fera bientôt nuit.

Il fait presque nuit...

Non, il fait déjà nuit !

IL FAIT DEJA NUIT.

 

L'allumette, en tremblant se pose sur la mèche. La flamme s'élève, peut-être trop droite, dans cet espace trop clos. Sur le mur BLANC, l'OMBRE de la robe dessine LE CERCUEIL d'un VIOLON. Où poser le ROUGE ? Sur sa bouche ? Sur sa chemise ? Dans son cou ? D'un GESTE BRUSQUE il repousse le ROUGE hors de sa frontière. CICATRICE Lèvre-Joue, minuscule, qu'efface lentement le mouchoir du miroir. GESTE INDELEBILE d'une GRIFFURE INVISIBLE qui MUTILE déjà une ETINCELLE DE TEMPS. Alors le JAUNE TERRIBLE enserre le BLEU pendant que l'homme, encore tout flouflouttant de désir, découvre, avec stupeur LE FEU AU COEUR DU VIDE.


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Les cygnes de DALI

Délicatement, du bout du pinceau, elle dessine deux cygnes illuminant l'angle inférieur droit du tableau.La flamme soudain vacille, signalant la présence d'êtres mouvants. Dans sons dos, elle sent des regards, se retourne, et, les reconnaissant, se surprend à murmurer :" Je vous en prie, entrez, faites comme chez vous..."

 

 

Alors PICASSO fonce directement sur le ROUGE de la toile et l'ARRACHE d'un coup d'ongle..." Ce ROUGE plaira sûrement à PALOMA... "

Van Gogh Les Tournesols

VanGogh-tournesolsEn titubant, VAN GOGH s'approche : " Il ne faut jamais poser autant de JAUNE... c'est très dangereux...le JAUNE  et votre BLEU...il manque de profondeur...je vous les emmène...une petite cure...au ciel...ça leur fera du bien..."

 

DALI, en moustache stalac...tite s'exclame : " les molécules Géantes d'acide Désoxyribonucléique Daliniennes constituent un facteur d'éternité... Je prends votre CERCUEIL pour y poser mes montres molles . "

 

CHAGALL, en douceur, s'approche et rajoute deux ailes à l'homme du tableau...qui

s'envole... " Je lui trouverai une bonne place, au plafond, à l'Opéra...il aime la musique...n'est-ce pas ?.

 

PREVERT s'avance, la cigarette coincée dans un sourire. sans un mot, il prend les cygnes du tableau et les pose sur ses chaussures. Puis il sort tranquillement, en aspergeant GEORGES DE LA TOUR de quelques gouttes de pluie...

 

Le maître de la LUMIERE regarde longuement la flamme vibrante de la bougie, la souffle et appuie

latour77

sur l'interrupteur... " Quelle chance vous avez de connaître...l'électricité...! "

Avec précision, de la pointe de son couteau, il découpe le bougeoir du tableau. " J'emporte cette tendre lumière pour éclairer mes coins d'ombre... "

 

Une phrase de KLEIN, s'engouffre dans le trou nouveau-né de la toile : " si tout ce qui change lentement s'explique par la VIE, tout ce qui change vite s'explique par le FEU. Le feu est l'utra-VIVANT ! Merci pour ce VIDE... "

 

Elle était restée longtemps, immobile, contemplant la toile blanche mutilée... " Ils m'ont tout repris même l'essentiel..."

Ses yeux fatigués tombèrent sur le plancher. Une cigarette oubliée se consumait     lentement dessinant une étrange tache...NOIRE.                                        

A côté de la tache, une plume...BLANCHE

Et dans la rue...des pin-pons...ROUGES... 

 

Nicole Niwa - Poésie en Stéphanie 1992

Toile du bas Georges de la Tour - détail de " Madeleine pénitente à la flamme filante "

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