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Publié par serge Granjon

« L’artiste au toupet rouquin »

 

Créer une Ligue de la bonne Chanson…L’idée de Benjamin Ledin, frère du maire de Saint-Etienne, lui valut d’être ovationné lors d’un congrès tenu en octobre 1900, à l’Exposition universelle.

 

http://www.delabelleepoqueauxanneesfolles.com/Photos/Mayol1.jpgComme ses amis venus droit des goguettes, en pleine gloire en ce temps au pays noir, il avait approuvé les membres du comité de l’Expo, hostiles à « certains auteurs du café-concert actuel pour qui le mercantilisme passe avant tout ». Coupables à leurs yeux d’avoir « dénaturé la Chanson, ils en avaient fait une chose immorale, antiartistique », éloignée de « la saine et joyeuse chanson de (leurs) pères ».

Il restait encore Paulus, au succès jamais démenti depuis qu’il était « revenu de la revue », galvanisé par le général Boulanger. Dranem, hélas, bêtifiait toujours dans un Eldorarado bercé par ses« P’tits Pois », et « Mademoiselle Rose », vue par Polin, alias « l’Ami Bidasse », ne pouvait être prise…pour la princesse de Clèves.

Mais partout s’imposait Mayol. Mèche opulente relevée sur la tête, brin de muguet en boutonnière, faute d’avoir, un 1er mai, trouvé le camélia obligé, il s’accompagnait de ses mains, agiles ainsi que « mains de femme ». Une telle élégance plut à la Scala parisienne, bien mieux que la partie populaire de son répertoire, qu’il dut vite exporter en province.

 

« Viens, poupoule ! » à l’Eden


«  Le sam’di soir, après l’turbin/L’ouvrier parisien/Dit à sa femme : comme dessert/J’te paie l’café-concert ». Avec ce succès à la gloire des beuglants, Mayol investit Saint-Etienne pour une seule soirée, le mercredi 14 décembre 1904. « Le premier chanteur comique de Paris » réservait aux Stéphanois d’autres virtuosités, parmi lesquelles « Hue Cocotte ! », fantaisie désopilante forte de 300 représentations au Grand Guignol. Deux autres comédies, « Mariage d’amour » et « les Blackboulés » allaient renforcer le programme. Avait disparu la chanson « Le mariage de M.Pelletan », sans doute mise à l’index, car alors ministre de la Marine, cet anti-dreyfusard repenti venait d’œuvrer sans compter à la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

L’Eden, qui s’appelait aussi à l’époque l’Eden-Concert, du même nom que l’établissement parisien du boulevard Sébastopol, avait monté en février 1904 une revue intitulée justement… « Viens Poupoule », où l’héroïne se désignait ainsi : « Je suis Poupoule/Adorée de la foule. /J’suis pas une moule, /Jamais on me roule. /Je peux bien me payer/La voiture des pompiers, /Des pompiers ! » Mayol avait-il cautionné le couplet, lui qui sans faire appel aux pompiers brûlait les planches au point, expression qui deviendrait un jour à la mode…de mettre le feu à la salle ?

 

 

SERGE GRANJON

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