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Publié par Serge Granjon

 

Une découverte…nickel

 

« Le bon sens a repris ses droits, nous sommes tous des coloniaux. Le peuple français est éminemment colonisateur. Notre pays est, sur ce point, l’initiateur de tous les autres peuples ».

 

Jacques Jules Garnier Jacques Jules Garnier

 

Par ce credo d’un impérialisme ouvert, M. Cruchon-Dupeyrat lançait à Saint–Etienne le 26ème congrès national de Géographie. Au risque de l’impopularité, le ministre de l’Intérieur qu’il représentait « n’avait jamais cessé de penser qu’être bon colonial c’est être bon Français ». A faire crouler les cloisons fragiles du théâtre des Ursules, les participants acclamèrent l’orateur, lorsqu’il s’inspira d’une phrase de Charles-Quint. « Aujourd’hui plus que jamais nous pouvons affirmer avec orgueil que le soleil ne se couche jamais sur le sol français ».

Un rappel venu très à propos pour le président de la section locale de Géographie. Il lui permit de justifier le choix de Saint-Etienne comme siège du congrès. « Le rôle des Foréziens et des Stéphanois dans le grand mouvement colonial, qui a été l’honneur de la troisième République, a été des plus marqués ». Parmi les noms cités, celui de Jules Garnier retint surtout l’attention. Les congressistes lui réservaient mieux qu’une simple mention.

 

Une mine de bienfaits

 

Ce 6 août 1905, la maison où naquit l’explorateur, 25 rue de la Préfecture, avait été pavoisée. Fleurs parmi les fleurs, des grappes de jeunes filles auréolées de guirlandes évoquaient « l’excursion autour de l’île de Tahiti » parue dans le Bulletin de la Société de Géographie en 1868. C’était cinq ans après l’arrivée de son auteur, Jules Garnier, en Nouvelle-Calédonie.

Le ministre de la Marine et des Colonies l’y avait nommé ingénieur en chef du service des mines. Chargé d’évaluer l’importance du charbon, il découvrit le nickel, nommé « garniérite » par le savant américain Dana. S’ajoutait l’hommage de la Société de Géographie, adressé au Jules Garnier historien, pour sa note sur le passage de La Pérouse dans l’île. Elle n’oubliait pas non plus l’ethnologue, dont les observations pleines d’humour avaient été publiées en 1871, au terme de son premier séjour. Elles allaient dans le sens d’un esprit colonial nouveau, avec une heureuse influence pour ce territoire d’Australasie. Quant à la civilisation, bien des réflexions le faisaient douter de son rôle salutaire. « L’homme civilisé s’occupe en ce moment d’asservir les races jaunes à son profit ». Francis Garnier, l’homonyme stéphanois qui conquit le delta du Tonkin, s’en trouvait relégué au théâtre d’ombres chinoises. Par contre, « l’Océanien et l’Américain, semblables à des animaux farouches et trop indépendants, meurent, mais ne s’apprivoisent pas ». Et Jules Garnier n’avait certes pas tenté l’expérience.

Force était en tout cas de constater que les Garnier se suivent…et ne se ressemblent pas.

 

Serge GRANJON

Une découverte…nickel

 

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