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Publié par Serge Granjon

 

Dorian

candidat du prélude républicain


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 Pierre-frédéric Dorian député dela Loire de 1863 à sa mort en avril 1973

 

« La France est-elle autre chose qu’une république entravée d’un roi ? » écrivait Chateaubriand, dès 1834, alors qu’il constatait le glissement du pays vers la démocratie. Le très légitimiste, et néanmoins réaliste, vicomte traduisait ainsi son dépit de ne pas rencontrer, chez Louis-Philippe, le représentant d’une dynastie. Il mourut juste assez tôt pour ne pas voir s’affronter, en vrais ennemis jurés, un frère et une sœur…nourris au même sein.

 

Tous deux se voulaient héritiers de la Révolution. La sœur, née la première, s’appelait la République. Elle était l’enfant désiré des députés de la Convention. L’autre le devint du Sénat. Avec en plus les voix du plébiscite en guise de parents adoptifs, il se flattait d’être à la fois un fils naturel, et légitimé, des idées de 1789. Il se nomma l’Empire. Lorsqu’il fut rétabli, au bout d’un tiers de siècle, le nouveau César plaça ses lauriers sous d’identiques auspices : « La nature de l’Empire est de consolider sur le trône les principes de la Révolution ».Au passage il agaçait sa grande sœur de lait, lorsqu’il évoquait sa propre raison d’être : « une monarchie qui procure les avantages de la République sans les inconvénients ». Depuis sa jeunesse, Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, en mûrissait l’idée à partir de leçons apprises sur le vif. Il les tenait de son précepteur, fils du conventionnel Lebas, qui avait participé en 1793 à la chute des Girondins. Compagnon de Robespierre, il s’était lui aussi rendu victime d’une lutte sans merci entre partis, jusqu’à rejoindre son ami dans la mort.

 

Morny soit qui mal y pense

Quelques années plus tard, Louis-Napoléon terminait ses « Rêveries politiques » par une règle qu’il voulait intangible. « Au-dessus des convictions partielles, il y a un juge suprême qui est le peuple. » D’ailleurs il rétablit dans la Constitution du Second Empire le suffrage universel, que la Deuxième République venait de supprimer. Il y était rappelé en préambule que « le peuple reste toujours maître de sa destinée ». Mais la nouvelle couronne, fût-elle ornée de fleurons démocratiques, gardait sur la vie politique un droit de contrôle permanent. Le corps législatif, au pouvoir pratiquement réduit à celui d’enregistrer les lois, restait soumis à un principe institué par le duc de Morny, qui en demeura longtemps le président. Artisan du coup d’Etat et demi-frère de l’Empereur, il en influençait les décisions. Pour élire les députés, il avait institué le système des « candidatures officielles », c’est-à-dire recommandées par le pouvoir quand elles lui paraissaient fidèles.

Début mai 1863, avec le tact dont il ne se départait jamais, Morny terminait ainsi le discours de clôture de la session parlementaire : « En vous disant à tous adieu, je voudrais pouvoir vous dire à tous au revoir ». La tournure se voulait bienveillante, au point d’englober les adversaires les plus résolus du régime ; à savoir les cinq du parti républicain, sur un effectif, d’ailleurs modeste, de quelque deux cent soixante députés. Quatre représentaient Paris, et la province n’avait pour envoyé que le docteur Hénon, réélu à Lyon.

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Place Dorian - Fbaclet


Candidat malgré lui

Dorian fut pressenti comme délégué du parti, aux élections législatives de 1863. Son tempérament taciturne et réservé le rendait peu enclin à se porter sur le devant de la scène politique. Pire, encore ; il ne se sentait nullement attiré vers les affaires publiques. Il fallut l’insistance d’amis, trouvant en lui réflexion sûre et pondérée, pour venir à bout de ses réticences. Ils l’amenèrent à se déclarer officiellement, à force de faire appel à ses convictions républicaines, que ne contredisaient pas des certitudes…plus matérielles.

Le traité de libre-échange, passé par Napoléon III en 1860, diminuait les droits de douane sur la sidérurgie anglaise. Il en rendait la concurrence d’autant plus redoutable que l’extension du réseau ferroviaire, et surtout les progrès de la navigation maritime, la faisaient inonder le marché français. Ce qui ne pouvait laisser indifférent le métallurgiste qu’était Dorian.

Dans la matinée du mardi 12 mai 1863, il déposait à la préfecture sa prestation de serment, prescrit par le sénatus-consulte de février 1858 : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l’Empereur ». La rondeur affirmée des lettres n’affichait, du fait de son ampleur, aucune hésitation pour un engagement à coup sûr de pure forme. Aux yeux de l’opposition, l’exemple venait de haut, puisque Napoléon III lui-même avait violé son serment de fidélité à la constitution. Alors, histoire de lui rendre la monnaie de sa pièce, la députation au service de leur idéal valait bien, pour les républicains, un parjure à l’égard de l’Empire.

 

 

Pierre-Frédéric DORIAN (1814-1873)

Né le 24 janvier 1814 à MONTBELIARD ; décédé le 14/4/1873 à PARIS.

Député de la Loire de 1863 à sa mort. Il siégea à gauche.

 Maître de forges dans la Loire et maire d'Unieux, il était très populaire ce qui lui permit de se faire élire comme candidat de l'opposition en 1863.

Il vota contre la déclaration de la guerre à la Prusse et fut ministre des travaux publics en septembre 1870  ( il s'occupa de fabrication d'armements ), puis chargé brièvement de l'intérim des ministres de l'Instruction publique et du Commerce.

d'aprés l'article de Wikipedia

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