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Publié par Serge Granjon

 

Pas d’armistice pour Charles Maurras

 

D’avoir fendu les flots de l’Histoire, en précédant son cours, ne suffirait pas à préserver Saint-Etienne de tous les vents contraires…


Leon Blum

Première ville de France à choisir une liste de socialistes, communistes et radicaux, aux municipales en mai 1935, elle avait anticipé le Front populaire. Revenus à l’automne d’une invitation à Moscou, les édiles firent salle comble à la Bourse du Travail pour évoquer l’U.R.S.S. Selon le Mémorial de la Loire, un adjoint y aurait exprimé son mépris envers « Maurras l’assassin » et prié la population de renouveler le 11 novembre 1935, la manifestation unitaire des gauches du 14 juillet.

Or, le 10 novembre, Charles Maurras, maître à penser de l’Action Française, s’en trouvait justement convié par la section stéphanoise.

http://www.forez-info.com/mag2/media/images5/BDTbdtrav.jpg 

La  Bourse du travail - Saint-Etienne

Le maire Louis Soulié déclara avoir reçu du président de ce mouvement une première lettre, envoyée le 7 novembre. Il lui était reproché que « M.Doron avait été tué par ses amis et à son instigation, et que la loi de sursis ne s’appliquait pas aux récidivistes ». L’affaire remontait en février 1927. La venue à l’Etoile-Théâtre d’un orateur, connu pour des opinions anti-laïques, avait déclenché un affrontement à Badouillère entre ses opposants les syndicalistes, et ses partisans les camelots du roi. Un sympathisant du conférencier y avait été blessé à mort, de deux balles de revolver.


Prudence oblige

« Des menaces ont été proférées par un membre de votre municipalité. Vous êtes « responsable » et vous savez ce que cela veut dire ». Le maire fit valoir la seconde lettre, écrite le 8 novembre 1935, au lendemain du meeting à la Bourse du Travail. A la suite de quoi, il signa un arrêté. « La réunion organisée par la Ligue d’Action Française, salle du cinéma Kursaal, est interdite ».

Aucun cas n’était fait de Charles Maurras. Qu’il n’eût pas à parler au Kursaal, mot rappelant l’allemand, ne devait pas le choquer dans sa germanophobie notoire. Mais, de là, qu’il n’eût pas à parler, tout court… En février 1927, Louis Soulié n’avait pu empêcher la conférence au nom du droit de s’assembler, qui plus est pour une réunion privée. Une leçon retenue, assez pour saisir la perche tendue par le Comité antifasciste de Saint-Etienne, qui fit prévaloir la thèse d’une réunion publique, avec des cartes distribuées un peu partout. Le maire alors prit les devants sur les risques d’agitation.

Reçu tout de même au Grand Hôtel, Maurras entretint l’auditoire de son ami Maurice Barrès, dont l’action politique se trouvait liée à la sienne. Il avait reconnu « la patrie de sa pensée » dans ce cri de l’écrivain : « Je voudrais une direction…Qui que tu sois, Maître, axiome, religion ou prince des hommes ! ». Une formule séduisante, et presque une devise, pour ce monarchiste de cœur et catholique de raison…


Serge GRANJON

Pas d’armistice pour Charles Maurras

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