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Publié par P. Guillaume

J'ai ,tout comme notre ami Henry Merle, suivi Bob Morane et Bill Ballantine de vallée des brontosaures en cratère des immortels à la redécouverte de ces mondes perdus que Sir Arthur Conan Doyle nous avait déjà fait visiter. Loin de rationaliser et de rétrécir le monde, les postulats et conjectures scientifiques du professeur Challenger, moins célèbre que Sherlock Holmes,l'élargissaient aux dimensions du fantastique.

 

" Le monde perdu " d'Irwin Allen  nous entraîne dans le sillage de cet érudit bougon nanti  de réels talents pugilistiques,interprété par  un Claude Rains  inattendu que l'on confondrait ici avec Pierre Brasseur (et qui rappelle, bien sûr, le cher Aristide Clairembart). 

C'est l'histoire d'un groupe en déplacement dans lequel chacun finit par trouver sa place et où nul ne fait preuve de veulerie ou de poltronnerie. Ce monde perdu aux confins de L'Amazonie est primitif, les Sauriens y côtoient des tribus sauvages abritées dans des cratères. Il y a le savant rescapé des expéditions précédentes devenu vieillard à barbe longue et la présence inutile ( ?) de la Femme. Quand il s'agit de la sculpturale Jill ST John, future Tiffany Case de "Diamonds are forever" on aurait tort de s'en plaindre !..

Et voilà qu'on pense à "Tarzan ",Jane ne fait-elle pas la synthèse des deux personnages féminins du film ? L'anglaise bien élevée, fille d'un riche patron de presse et la sauvageonne aux jambes splendides que le petit frère de la première sera ravi de ramener à Londres pour parfaire son éducation !

Willis O'Brien ,responsable des effets spéciaux de "King Kong" et de la première version du "Monde perdu" en 1925 figure au générique. Les  iguanes et crocodiles déguisés et agrandis font froid dans le dos, bien plus que l'araignée géante verdâtre qui officie pourtant dans un très beau décor de toiles transparentes.La dernière partie est d'ailleurs très esthétique. En fait, on retrouve ici la délectable impression que communiquait la vision d'un film dans une salle de quartier de mon adolescence. On y entrait vers 14h et on en ressortait à la nuit tombée avec le sentiment d'avoir suivi les personnages du film dans leur parcours géographique et psychologique. Le film commence en plein soleil et se termine au centre de la terre dans une ambiance d'apocalypse,le temps réel se confond avec celui de l'aventure onirique..la tombée de la nuit était aussi d'un grand secours pour créer une ambiance de jeu et nous aider dans l'improvisation et le dénouement de nos intrigues .

Irwin Allen, avant de réaliser la coûteuse "Tour infernale", fut le champion des séries fauchées "Voyage au fond des mers"(avec David Hedison, un des interprètes du"Monde perdu")"Au cœur du temps" et "Au pays des géants" ( dans lequel grouillaient les grosses bébêtes) .Contrairement à nos séries contemporaines censées traiter des problèmes sociaux avec leurs sempiternelles histoires de serial killers,celles-ci puisaient leur inspiration dans un imaginaire qui plus d'une fois avait montré ses vertus roboratives. Un amateur de Bob Morane ne peut que s'y replonger avec délectation....

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