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Publié par H.Bouziane

057.jpgL'humilité emplie de sagesse du maître de ces lieux ne tarda pas à marquer de sa présence le perron du logis.

A ces cotés une noble dame, resplendissante de sage beauté, suivie de près par deux enfants rieurs, des jumeaux si dissemblables qu'ils demeurent une énigme que Dame Nature se joue à servir à ses détracteurs.

Jean saisi par le charme de la dame, s'avisa de restreindre les assauts de la passion subite, par le philtre de la courtoisie, salvatrice en pareil occasion.

Intérieurement il se signa, lui qui n'avait que la Bonne Mère pour confidente, n'avait jamais vu de femme aux effluves de tant de beauté nimbée d'intelligence, si ce n'est sa propre mère, toujours la femme aimée après la Sainte Mère des Afrats ( Solitaire en Mahométan ).

Yétché, le pinça pour le dérober à toute déconvenue de saisissement, d'amourachement puéril. Une poignée de serviteurs et d'hommes en arme, fiers de la vacuité  de leur propre qualité d'être, les entourèrent de leur curiosité attisée, par la présence de l'étranger. Ils semblaient tous affranchis par la bonne grâce de la sagesse légendaire de leur maître et seigneur, après Dieu.

Richard, noble descendant celte, arborait une quarantaine bien sonnée. Son allure souple et légère de guerrier éprouvé ne trahissait aucunement son âge avancé pour l'époque. Quant à sa dame, qui pourrait traduire exactement le mystère de la beauté ?... Des yeux asiates, une chevelure borélienne, une allure d'amazone et une démarche altière à l'orientale.

Ce fut elle qui releva de son agenouillement le pauvre Jean, en lutte en son intériorité de célibataire.

" Je suis Dame Rita, Soyez le bienvenu en Forez Libre, noble Yaya, Jérusalem est-elle toujours en bon partage sous le soleil levant ? "

A ces mots, il reconnut la leçon de la légende essénienne, que lui avait conté un fou de Dieu lors de son passage à Damas.

" Noble Dame Rita, salutation à la rose qui s'est  éclose ce matin, durera-t-elle plus de trois jours ?...Dieu seul le sait...Pour l'heure nous ne craignons point le chant du coq, Dieu soit loué. "

Richard affable et souriant ponctua la mystérieuse salutation par une question affirmative :

" Quant à moi aurais-je les mains sales de terre ? c'est d'une rosée qu'elle me seront lavées ! "

Sur ces dires, d'une accolade ferme et franche, il invita son hôte à la

détente et au lâcher-prise pour la confiance commune que se doivent ceux qui se sont croisés au centre de la rose, ceci en tout temps et tous lieux qu'importe la bannière qu'ils arborent.

Richard lui présenta ses jumeaux Elie le garçon rieur et espiègle et Lucie réplique miniature de sa mère. Tous deux semblaient indissemblables, si ce n'était les attributs de leurs sexes respectifs, bien disposés, par miséricorde divine.

Ils affichaient une fraîcheur de douze printemps. Ils saluèrent d'un oeil curieux ce pauvre hère que leur père et mère semblaient porter en haute estime.

" Avez-vous vaincu Pandragon, en Avalon, comme notre père aimé ? " Demandèrent-ils en coeur.

" Juste Mélusine pour admirer la Dame du lac ".

" Lancelot est revenu ! " crièrent-ils de joie enfantine.

" Allons les enfants, soyez raisonnables, pour l'heure seul l'esprit est doué de vacuité ! " Affirma l'indulgent Richard.

Après cette arrivée et ce sentiment de bienvenue, jean eût le loisir de pénétrer dans la demeure légendaire que tout un chacun affublait de la richesse diabolique.

Que nenni, la salle principale d'une austérité ascétique n'affichait aucune ostentation noble superflue. La lueur de la grande cheminée et la clarté jaune curry de la fenêtre principale, laissait entrevoir un mobilier rustique, de belle finition artisanale, quelques tentures de soie entouraient divers retables de peintures pieuses. Un grand tapis persan aux motifs floraux, adoucissait une pierre de sol brute et lustrée par les pas mémoriaux dont elle retenait les mystères.

Une porte côté sud laissait présager la partie intime de la famille, certainement une chambre à coucher  puisque des effluves de parfum orientaux s'en échappaient comme chaque matin et chaque soir que Dieu fait.

Richard, Yétché, Jean et dame Rita prirent place autour de la grande table centrale en bois de  chêne ciré.

Une servante mauresque s'enquerrait de servir à cette assemblée de noble naissance quelques vins de miels doux-amers accompagnés de fruits de saison.

Les enfants chipèrent après permission auprès de leur mère indulgente, quelques provisions de fruits pour agrémenter leurs jeux d'enfants, qu'ils s'empressèrent de mettre en oeuvre  dans la cour miraculeuse pour leurs yeux juvéniles.

Richard, tout en conviant son invité à se restaurer, ouvrit la discussion en ce qui concernait l'affaire qui les réunissait tous quatre autour de cette table ronde, en ce lieu et en cette journée du vendredi saint de l'an de grâce 1264.

http://forezhistoire.free.fr/images/Beauregard-00.jpg

La plaine du Forez

( la suite mercredi 30 juin )

 

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