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Publié par Hacène-George Bouziane

« Turista à pas chère »

 

Songe d’une nuit d’été, toute ressemblance avec une quelconque réalité ne pourrait incomber à l’auteur.

La vaste plaine aux dénivelés improbables prend des accents de Toundra, dès que nous en foulons le seuil, par le sud.

Elle se configure en d’hypothétiques et microscopiques îlots d’herbages, semés ça et là par la danse mutine de vents libertaires. Le fourrage sauvage en fenaison, lors de cette saison, s’en balance, aucun faucheur volontaire à l’horizon, pour récolter le maigre trésor que recèle ces herbes folles.

Les contours irréguliers des cette anarchique végétation, laissent naître çà et là quelques zones poussiéreuses, dignes des plus belles terres battues et rebattues, qu’une paire de tennis ne laisserait pas sans repos.

Leurs variances de couleurs, terres de siennes et autres ocres jaunes, sans négliger toute la gamme anthracite, offre un singulier spectacle chromatique post-impressionniste des plus abstrait, qui ravirait le regard expert d’un Tapiés et fidéliserait la constance besogneuse d’un Cézanne. Soulage quant à lui ne pourrait se soulager et par la même se damner, qu’en s’évertuant à restituer la noirceur lumineuse d’un couché de lune noire sur l’endormissement de cette plaine, zone de non droit, pas même citée, puisque non répertoriée dans les guides touristiques.

Nous disions donc, tout le panel de couleurs ainsi déployées ne serait que banalités semi-désertiques, si il ne laissait pas naître, au hasard de cette sauvagerie « patchworkisée », de multiples chapelets égrainés en petits lacs miniatures, les un rehaussés de nappes hydrocarbures, par temps clair des reflets d’arc en ciel s’y décèlent aisément à qui sait voir poétiquement. Quant aux autres flaques liquides, elles se contentent de scintiller en une magique mouvance de reflets dorés et quand le ciel s’assombrit, c’est toute la noirceur de son courroux que les sages peuvent y lire.

Ce paysage d’une étrangeté indomptée, cache mille trésors, comme ce pneu Michelin, couronné champion des rallyes automobiles toutes catégories en dix neuf cent quatre vingt huit et à présent abandonné à un minimum vieillesse des plus honteux. Et ces sacs plastique qui dans le secret de leur confection en molécules polymères, ont su transporter à bon port, nombre de marchandises, certaines manufacturées, d’autres plus clandestines, comme de celles qui donnèrent droit à un long séjours « chez fourchette », tous frais payés, à l’instance de notre Momo exportateur internationaliste, de spécialités tombées du camion et autres substances hautement psychotropes ; Leur déchéance se chorégraphie en de moult acrobaties savantes, au grès du vent moqueur, ces contenants anonymes s’offrent ainsi librement, jusqu'à l’épuisement, tels des amants fidèles, aux brises des soirs d’été, souvent propices aux envolées clandestines, si ce n’est de pures et simples disparitions.

Qui pourrait imaginer qu’un de ces tas de tôles froissées, carbonisées, abandonné au cœurs d’opportuns fourrés d’épineux exotiques, fut le témoin silencieux du déflorage mémorable de la grande Zora, qui dans un ultime élan de jouissance compassionnelle, entreprit de mettre au service de tous ses talents cachés, que le grand Rodrigue sut savamment et financièrement mettre en valeur ajoutée. Depuis cette fameuse nuit de pleine lune, la grande Zora entra dans les anales du déniaisement juvénile collectif.

Bon nombre d’objets non volants, quoique ! ?, non identifiés, font la joie criarde de ces troupeaux de gamins Roms, Beurs, Blacks, Asiates… lâchés par temps libre, dans ce grands parc d’attractions à ciel ouvert, surtout gratos, pour cette marmaille à pas de tunes.

Sur le coté du couchant, une saignée trace un axe routier entremêlé, monstruosité des obligations de vitesse.

Coté du levant, le cheval de fer se taille la part belle, à grande vitesse, avant une entrée en gare de grande capitale.

En arrière fond de cette sierra no man’s land, au nord, se dresse en cathédrale futuriste, une multitudes de barres de bétons, comme clonées à l’identique dans des architectures de camouflages de misères humaines.

Une clameur d’activités humainement populaires, mise sous hautes surveillances, s’en détache, zébrant le ciel d’une mégalopole tentaculaire, aux couleurs phosphorescentes, laissant l’azure naturel, hors concours.

Ainsi Zezette et Dudule, nos deux explorateurs, heureux gagnants de notre célèbre émission télévisuelle, intitulée : « La mer c’est par où ? », après la traversée de cette vaste plaine exotique, s’apprêtent à trouver refuge chez l’autochtone du coin. 

Savent-ils au moins, qu’ici toutes les ethnies du monde nivelé par le bas, au profit du haut, s’y reproduisent, malgré l’éloignement de leur propre foyer reproducteur d’origine contrôlée ?...

Si nos deux tourtereaux originaires de la Lozère, n’en savent rien, ils s’en feront joie d’en découvrir en vrai, tous les détails ethnographiques, grâce au besogneux travail de la part de nos planificateurs issus de notre célèbre émission « vous en avez rêvé , nous l’avons devancé ».

Ainsi nous oeuvrons pour la muséification de notre royaume hexagonal, terre de tous les exils avant expulsion des surplus.

Le développement de notre tourisme local, de proche banlieue, fera pâlir de jalousie tous ces sultans à la gomme, constructeurs originaires de la péninsule arabique.

Nous savons tirer partie de la globalité de notre patrimoine et ce en toute saison, pour cette hiver, une petite escapade dans la zone, çà vous tente ?, allez tous à vos tentes igloo et vos cartons, on se doit de battre la dernière saison hivernale du canal St Martin, ( priez pour nous ! ).

Et puisque notre intelligentia Martin au Kirsch a rejoint les instances dirigeantes, pour nous concocter le RSA, sorte de STO super nettoyant de cette saleté de pauvreté qui néglige notre identité nationale…Nous pourront transformer ainsi le moindre recoin du royaume, en pays de oui-oui, car vous l’avez voté, vous ne serez pas volés, puisque après vous l’avoir promis, on vous le vomit votre bonheur pour tous et par tous …Et que çà brille !…

Et pour l’été prochain, si l’on se donnait rendez vous, nous les voyageurs anonymes de cette croisière qui ne s’amuse plus qu’à se faire peur, pour une mélodie d’amour, au terrain vague de nul part ailleurs qu’ici, chère contrée en nos cœur, sans autre vague que celle de « tsunami mon amour, pour toujours » ?!.

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