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Publié par hacène Bouziane

 

Expéditeurs :

Le pauvre, le gueux, le misérable, l’indigent…                                    

La quantité négligeable et insignifiante, pourtant majoritaire

De la multitude sacrifiée sur les autels de Mammon.

Et en cas de grande disette, exposée aux foudres de Mars.

Cabane, abris de fortune, tente Quechua.

Résidence princière cartonnée, de sans domicile fixe.

Asile de nuit, foyer d’urgence, cour des miracles, fosse commune.IMGP1337[1] 

Domaine provisoire bétonné à fort rendement locatif.

Banlieue, zone de non-droit, battue par le vent du nord.

Lieu multiethnique.

Grandes métropoles. Villes fantômes désindustrialisées.

Moindre bourgade cartographiée sur « Gogol map ».

Provinciale, nationale, continentale, mondialisée.

 

Objet : Si je m’étais sustanté à ma faim, j’aurais pu au moins vomir.

 

Destinataires : 

Les richissimes, Messieurs Goldman et Sachs.

Siège social : Hautes tours infernales.

Résidences principales : Du château à l’hôtel particulier.

Résidences secondaires : A moins d’un milliard d’euros,

Autant loger dans une grotte.

B.P. 666.

Grandes métropoles, places boursières.

Paradis fiscaux et autres possibilités d’une île.

Là ou ça fleure bon le terroir familial, de la haute bourgeoisie financière.

Partout, puisque chaque centimètre carré, vous l’avez « marchandisé », « financiarisé ».

De l’indéfiniment petit à l’indéfiniment grand.

Bientôt le cosmos.

 

Messieurs, homme d’or fondu (même les couilles) et mise à sac de la planète.

 

IMGP1340[1]En premier lieu, nous tenons à nous excuser de ces quelques taches de gras, qui parcellisent ce courrier. Ce papier recyclé par nos soins, sans autre traitement qu’une sauvegarde des poubelles du restaurant le Fouquet’s., a pu remplir sa mission de développement durable, en endossant une seconde naissance, de par sa qualité de papier à lettres.  Ses congénères nous sont souvent bien utiles, en ne s’offusquant le moins du monde, d’être recyclés en papier cul.

Maintenant venons en à l’objet principal de cette lettre, courrier sincère tracé en lettres de sang et de sueur. Depuis une certaine période, ceci prit naissance vers la fin de l’année 2008 et ne cessa jusqu'à présent, de s’intensifier au fil des ans, nous avons constaté, une baisse progressive, devenue conséquente, des miettes tombées de la table du grand festin de l’occident triomphant.

La disette et le misérabilisme, progressivement, n’épargnèrent plus aucune dimension des principales préoccupations de nos survivances. Pire depuis près de plus d’une année, nous nous voyons envahis par des vagues successives d’immigrations forcées, de populations issues des classes moyennes, originaires des quatre coins de la terre, tout en guenilles et hagardes.  

Nous, la majorité silencieuse, tant laborieuse durant les trente glorieuses, nous nous sommes inquiétés. Loin de nous toute notion d’avarice, souvent adeptes du partage et de la solidarité, notre préoccupation principale fut de préserver, face à une telle situation, le maigre équilibre de notre précarité.  

La demande devenant plus forte que l’offre, pour mieux parler votre langage, nous étions dans l’urgence de retrouver une certaine solvabilité, pour éviter la banqueroute alimentaire. Après maints refus de l’aide sociale et autres fins de non -recevoir de l’état providence, nous étions en  peine de comprendre, de donner du sens, ce ne serait que pour facilité la résilience du malgré nous et surtout pour l’évitement des .affres de la barbarie, entre nous, ennemie jurée de toute résistance de l’être éclairé.  Nous avons dépêché nos comités invisibles, pour besogner en vos palais et autres principautés inviolables, pour trouver une alternative de riposte efficace. Il en va de la sauvegarde du petit reste et ceci par simple égard, vis-à-vis de l’innocence de vos propres enfants. Nous sommes même prêts à les adopter, si  la raison du cœur nous y contraignait. 

Et que n’avons nous pas découvert, à notre grand dam, le taire serait une œuvre d’iniquité ! Nous nous doutions bien qu’un symbole, véhiculant à grande échelle une forme pyramidale tronquée, ayant pour base treize assises et pour pyramidion, un œil inquisiteur, ne pouvait être que l’œuvre sètienne de l’âne rouge.

 

Nos ancêtres gypsis, dépositaires de la parole perdue, nomades et de tradition orale, en des contes de mille et une nuits, nous ont transmis, l’idée de la grande purification, que partagent avec nous les peuples amérindiens et bien d’autres encore. Nous étions au parfum des contrefaçons de Philippe le bel, en ce qui concerne la dénaturation de la monnaie et vous fidèles engeances héritières de ses méfaits, vous ne pouviez qu'emprunter les même voies, au diapason des voix de l’adversaire.  Depuis que vos pères généralisèrent l’usure, à grande échelle, la grande escroquerie du capitalisme se pourvoyait, de plus en plus facilement,IMGP1348[1] en armes de destructions massives et génocidaires. Il faut dire que l’ouverture du passage de par delà les colonnes d’Hercule, était devenue une voie large, dévolue à l’exportation débridée, de toutes vos turpitudes de conquistadors. 

Modernisme, mécanisation du monde, scientisme, techno-science… s’y attelaient sans relâche, pour nous suggérer un état de contre-nature, à l’ombre de nous même. Rationalismes et autres humanismes dévoyés, enfantaient une vague déferlante démocratique, toute dévouée à servir la soupe de vos paternalismes industriels. Boursicotages et autres marchés de dupes, étendaient leurs emprises impérialistes. Vos talents occultistes contribuèrent à la fabrication d’ennemis sous influences et sous contrôle, proportionnés à votre mesure. Jusqu'à ces enturbannés fanatiques qui crachent sur la mémoire des prophètes. Les jours de gloire sombres, de multiples totalitarismes déferlèrent sur le terrain des opérations, de la conspiration meurtrière. Tout à votre aise de marchands d’armes, vous ne cessiez à coup de  guerres industrielles, de stratégies économiques, de reconfigurer le monde, suivant vos inspirations démoniaques.

Aucun lâcher prise dans le domaine du sacrifice, vous étiez et demeurez les principaux donneurs d’ordre.  Une véritable prostitution généralisée, communie à présent à l’aune de vos religions consuméristes en kit.

 

Num-riser0069.jpgAu comble de la massification, vous complotiez pour le marquage généralisé, des fronts et des mains gauches, de la multitude hallucinée.

A coup de libéralisme désinhibé, de dérégulations sournoises, de manipulations politiquement incorrectes, vous donniez à sniffer, à vos mignons en cols blancs, toute la chnouf de l’ego décomplexé.   Des bataillons de millions de boursicoteurs et autres bonimenteurs, s’arrogeaient le droit de spolier à tout va, la survie de peuples bigarrés, par le simple effet d’une uniformisation dualiste et pour la glorification du consommable, jetable. La spéculation, haute magie noire de la subjectivité, s’emparait frénétiquement et inévitablement, de myriades de consciences individualisées à outrance. Au comble du réalisme pragmatique, vous intronisiez en exemple, la réussite de l’empire du milieu, transformé dans sa substance, en vaste bête hybride, qui au grand jamais ne mordra la main de son maître.  Grâce aux résultantes spéculatives, de sciences profanes mises en usages d’applications prodigieuses, vous réussissiez à  mailler le monde, en une virtualité numérique vampirique. Le seul faux-conduit pour vos élites, gagner plus pour payer moins. Une raison de haute finance qui en faisait bander plus d’un.

 

Par la force brutale et planificatrice, l’économie réelle, soumise à vos diktats de hauts rendements spéculatifs, dévastait la planète, jusqu’au moindre recoin, de ses dernières ressources en matières premières exploitables, transformables.

Pourvu que le productivisme aveugle, charrie sa masse de résidus, soi-disant recyclables. Nous ne sommes pas dépourvus de saines connaissances,  pour croire aveuglément, que la chimie dévoyée, pouvait prétendre à se substituer indéfiniment, à une toute autre alchimie. Le retour sur investissement se nivelait de lui-même, sur les bases d’une échelle de valeurs surajoutées, en résumé, la brioche dorée pour vous et les miettes plombées  pour nous.

 

Une seul règle d’or, la croissance et gare aux états récalcitrants, les agences de notations veillaient au grain et vos mercenaires technocrates demeuraient aux aguets, pour déferler dans  les moribondes institutions républicaines. La perpétuité d’une vie à crédit, instituée pour tous, voilà votre intérêt sonnant et trébuchant. Tout un vocabulaire de sophismes d’affairistes, étalait sa poésie mortifère, sur les grandes plages de vos dialectiques désinformatrices.

Tout un machiavélisme, de votre part, déployait ses sentences moralisatrices, pour asseoir la culture du marché et de la concurrence, tous deux libres de toutes contraintes, idéologies à servir chaudes, pour les crétins.

A coups d’algorithmes et de quantas, le système binaire de vos calculs infinitésimaux défilait en continu sur les pupilles dilatées d’effroi de vos esclaves cybernétiques. 

   

Num-riser0070.jpgPour mieux asseoir votre suprématie despotique, la propagande policée, déguisée en  une tendance manipulatrice de douces  relations publiques, diversifiée par les avants gardes de vos multiples lobbysmes, cuirassée par le fer rougi de vos masses médias, vous aidaient à distiller la peur de la sacro-sainte récession économique, matinée de crises systémiques, à répétition, malheureusement, devenues réalités abruptes pour le plus grand nombre. De la rigueur, vous en faisiez votre bannière assassine, ensanglantée par les innocences bafouées, de nos virginités existentielles. Même la vaseline venait à manquer pour la sodomie obligatoire et généralisée. Le vaste camp concentrationnaire, de l’homo-economicus, semblait étendre ses miradors aux quatre coins de la terre.

Mais malgré tout cette contre-façon, de tout à rebours, le juste, même le plus libertaire, ne cessait d’endosser la pureté de l’activisme, que vous vous efforciez de dépeindre sous  la dénomination injuste de terrorisme.  Sans autre procès vous les donniez en pâture, aux foules bien fanatisés par vos services secrets et autres officines de malheurs.

 

Que de lois sécuritaires, ne vous êtes vous fait voter, surtout en catimini ! , Ceci n’est que l’ombre portée de votre système financier totalitaire. Votre oligarchie financière et ses hommes de paille, ploutocrates politicards, sabraient le champagne en ce crépuscule des états nations, pour célébrer l’avènement, de ce que certains adeptes de la théorie du complot nomment, le nouvel ordre mondial.

Nous gens de peu ne sommes pas dupes, en nos inspirations et autres méditations opératives, nous savons de quoi il en ressort, de toute cette mascarade pseudo-apocalyptique.

 

Nous n’oublions pas les alternatives de la commune, les affronts généreux de multiples fronts populaires, toute la subtilité des alternatives d’économies solidaires. Même si vos scélérates manigances, après la marchandisation de la révolte de salon, veut nous pousser dans la gueule du loup populiste, lifté en socialisme nationaliste, voir dans les replis identitaires et communautaires, vous nous empêcherez aucunement de poussez le cri du juste désespéré, qui dit Assez !  

Constatant vos iniquités, patentées, votre cynisme mortifère, sous influences de l’impure négation de tout véritable principe régulateur, de l’économie humaine, petite ouvrière de la providence, en toute chose ;  Indignez, nous vous administrons l’uppercut de l’insurrection qui vient, quitte à faire table rase de tout ce fatras de bricolages morbides, que vous vous êtes ingéniés à nous imposer, en qualité d’ultime civilisation.  Juste histoire d’harmoniser, de rééquilibrer, ce qui nous fut confié de toute éternité, nous rejoindrons le juste milieu, du jardin !  

 

Avant le dernier acte, l’embellie. Nous allons expérimenter, malgré vous, un avant goût de l’économie  tout simplement, divine.

 

La décroissance nous sied bien, adeptes des utopies jardinières, voir nomades, traditionnellement viables, nous saurons trouver la bonne mesure alternative, par les bonnes grâces inspiratrices, de ce que certains chérissent sous le nom de la bonne guidance. Déjà les herbages de folies douces, se voient parsemés, çà et là, de quelques-unes de ces fleurs de vies multicolores, dites sauvages,  qui couronnent si bien la tête des anges. Même si ceci demeure voilé, sous la  confusion ambiante, le déchirement de la grande illusion de vos satanés artifices est amorcé !

 

 

Je ne vous agrée pas mes salutations distinguées, Messieurs les tôliers de la banqueroute généralisée, sauf pour vous et vos paires. 

A moins que dorénavant vous ne couriez tout nus, dans les vastes plaines radioactives de vos propres désolations, en quête de maigres pitances, que même les cochons rechigneraient à manger. 

A bons entendeurs salut. 

Une de ces âmes vivantes, anonymes, effacée sur le registre de vos putréfactions.

 

P.S. : Préparez-vous à  fermer vos comptoirs de monnaies de singes, nous ne voulons plus produire votre enrichissement personnel, ni vendre notre force chez  vos chagrins, ni même acheter notre boustifaille quotidienne, en vos échoppes déshumanisées.

 

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