Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par hacene

 

 

Mon Amie, ce qui émerge en premier lieu sur ton visage Mauresque, tes yeux noirs de clarté essentielle, de ceux qui sanctifient le regard.

Une présence insignifiante, de silence primordial.

Cette pauvresse, abonnée aux allocations de survie, ne compte pas ses heures de soucis existentiels, experte en comptabilité de minima-social et autres tracasseries administratives de l’Etat « providence », comme si cette dernière pouvait séjourner en un quelconque espace d’abondance, elle besogne à la transformation du presque rien en une fortune de pacotille.

Pour son indigence la source de subsistance suffisante ne tarie point, mais dur demeure le transport des seaux.

Aucunement adepte d’une quelconque aristocratie financière, elle fait fit du libéralisme et n’en glane que les affres.

La matérialisation d’une simple richesse, elle en grappille la manne providentielle, dans la nécessité du partage.

Elle affectionne la libre circulation d’énergie qui se fructifie en de miraculeux échanges. La spéculation profane, ne saurait-en saisir le sens, s’amuse-t-elle à penser, sans mots dire ?

Sœur de cœur de la vierge rouge, elle incarne spontanément, l’ame libertaire, que même le plus anarchiste bourgeois bohème ne pourrait faire taire !

Cette anonyme, quantifiée en de savantes statistiques technocratiques, par la simple numérotation de son identité, laisse quoi ? quand elle daigne faire outrage à sa propre insignifiance d’individualité, toute gommée d’un tant soit peu d’importance.

Elle ne revendique aucunement une quelquonque notoriété, encore moins la célébrité. Comment le pourrait-elle ? Puisque la mesure de son ego, emprunte le pied, le coude, la main, le pouce…toute une proportion incommensurable du Soi !

 

De même, par son humble naissance, à qui sait en saisir le sens, un chapelet de coïncidences anodines permet la révélation d’une immaculée blancheur créative, inspirée, de ce blanc qu’elle affectionne quand on la questionne sur ses intentions peintes, dépeintes et repeintes.

Face à ce même blanc entoilé, elle ne se montre point désœuvrée, en une solitude imminente et exquise, elle s’élance l’outil en prolongement d’une main artisanale, elle relève le défi de l’instant combinatoire du dialogue avec l’ange.

Son enfance transpire la bohème campagnarde, de celles de ces terres ocres jaunes soleil.

D’une génération spontanée, elle n’a eut que l’effort d’actualiser ce qui lui fut inné, rien d’appris, juste le serment d’une histoire singulière d’expériences vitales.

Pour elle c’est une bénédiction.

Ceci en agace beaucoup, au comble de la stupéfaction jalouse, ils ne peuvent que se prévaloir de leurs mondanités, à toutes fins utiles de se voir bien placés sur les instantanés élogieux et autres critiques.

Cette souillon des bas quartiers n’a que faire des mises en scène, surtout de celles qui se voudraient être mécènes de son talent.

Abonnée aux absences estudiantines, son génie qu’elle a sut faire fructifier par soucis de désobéissance, afin de pouvoir s’interrompre corps et âme et s’exclure du matériel, lui permet aisément de passer dans l’autre monde, celui de l’Esprit et d’en retranscrire ce que l’Aimé de l’aimée lui signifie d’en dire, le tant soit peu qui pourrait se lire aux couleurs de l’âme bien orientée.

Avec elle toutes palmes académiques se fanent sous la lune.

Les séductions prométhéennes et autres serments lucifériens, lui inspirent que grimaces de singeries trompeuses.

Elle ne vise que l’informel baptisé d’innommable.

Si l’inspire s’estompe, la toile ébauchée s’éteint momentanément, délaissée en pénombre, un temps inachevée, c’est en une fulgurance de l’expire qu’elle tire un trait !

Au moment propice, elle esquisse, gesticule autour de l’œuvre.

Pour réfréner sa transe, elle estompe, elle juxtapose, ces couleurs de l’infini, faiseuses de poésies, pour laisser transparaître tout un dialogue singulièrement authentique.

En des gestes primitifs dénués d’élégance, toutes en sauvages sensualités, il lui faut toucher l’apparition d’une peau exacerbée par les sens qui lui sont accrédités, pour se sentir touchée à cœur, elle chérit la permanence en devenir.

Ainsi l’attente de voir, se fait émouvante.

Là, la  " matèria prima ", émerge du chaos des sens, s’organise en une substance des plus manifeste, effet miroir où la beauté se mire.

La vie surgie inévitablement, non celle usité par la démiurgie contemporaine, mais celle ancestrale, universelle !

Elle œuvre sans même le savoir consciemment, pour le traditionnel, le spirituel, tout devient mythes et histoires de « pouvoir », sous la complaisance de sa dextérité instantanée.

C’est de l’art que personne ne possède, l’art pour l’art.

Par pitié ! n’enfermez point son œuvre en de quelconque musées, elle ne peint que pour le Tiers Etat.

Son innocence, centre ultime, dénuée d’intérêts et d’aprioris, façonne, fascine le passant.

Le regard caresse une texture insolite, révèle une pliure intime. Plus scrutateur il débusque la parfaite imperfection, fige un mouvement et médite sur une ombre radieuse, emplie de lignes rebelles, qui s’entrecroisent, de traits égarés, dans la précaution de détourner une coulure redoutable, menaçant l’ambiance paisible….

Tout en elle se parcellise loin d’elle, pourtant si proche de la féminine co-rédemption !

Des formes s’ébattent dans le foisonnement de matière, apparemment inerte, l’esprit mis à vif, elle joue du couteau, contre attaque, pacifie les zones de turbulences et achève les bourreaux académiques. Le geste se veut rituel immémorial, le contenu n’en est que des plus symboliques.

Comme possédée d’angélisme, sans écorchure, ni trouée assassine, légèrement elle finalise la mise en scène de cette comédie humaine entoilée.

La lutte d’avec son ange, lui assigne une céleste part, en cette divine comédie, de traductrice des hautes sphères celestines.

Rien ne peut la distraire de l’instant, hors d’elle-même, elle embrase les modalités subtiles de sa perfection.

A la source mystérieuse, la vie se devine sous l’aspect spectral de l’éblouissante clarté des âmes ivres de Dieu.

Serait-ce une naissance ? un de ces états multiples de l’être ? En tout cas elle en demeure la mère appropriée, emplie d’un esprit saint, elle se fait génératrice fidèle d’espaces si loin, si proches.

L’insoumission de l’œil s ‘assagit, efface le superflu de critique humaine et ne retient que le sens de l’essentiel.

Ainsi la bonne distance permet l’émergence de la vérité, en un acte désintéressé.

Messagère, guidée de mystères, elle s’acquitte, coûte que coûte de son magistère.

D’un monde à l’autre, ce qui se lit entre les cadres trop étroits, pour contenir l’entièreté de présages de cette faiseuse d’œuvres angéliques, c’est une trame d’étoffes de rêves, elle conte toute la moitié de nos oublis affairés.

Elle ne heurte pas, ne séduit encore moins, elle donne en partage.

Ce qui apparaît ose la rencontre, toutes les rencontres du possible et de l’impossible.

Ici la divagation est permise sans laisser passer, juste histoire de se raconter toutes les histoires du monde.

Elle vous intime l’ordre de la contemplation, puisqu'elle ne se veut qu’intermédiaire et passeuse toute à la fois.

L’art qu’elle pratique, est comme la nature, ses propres lois lui sont suffisantes, aucune volonté personnelle, pas besoin de corps et d’âme, l’Art s’insinue en elle comme un mystère métaphysique.

Soumis à cette loi emplie de foi intérieure, l’outil lui importe peu, tout vient en prolongement de la main, répondant spontanément à la possession, à la transe, et aux conséquences de leurs impératifs.

En cela même une carte bleue ruinée, peut convenir à l’étalement de la matière précieuse.

Sur ces supports d’art povera, fait de bois noble et autres draps fripés, elle soigne la blessure et cautérise les plaies de vives souffrances, de toute manière elle a le geste sûr de ces servantes de cœur.

L’éternité lui serre d’arrière fond, lui laissant la plénitude de transformer, d’orchestrer à sa guise, puisque libre en ces infinis du non-être, précurseurs de l’Etre et de sa lumière, qu’accumulent ses toiles entoilées d’étoiles, qu’elle encadre telle des fenêtres sur le temps symbolique des mythes fondateurs d’humanité !

Mon amie ne se signe pas en ses œuvres, elle les soumet au devenir des improbables destinées, de celles de " l’échappée belle " .

Aucun risque spéculatif, le seul marché qu’elle côtoie, c’est celui des puces et autres vides-greniers.

Elle gratifie l’indigent, de donations précieuses en des gestes de générosité anonyme.

L’intermittence de sa pratique se caractérise par des phases créatives intenses, jusqu’aux limites de l’épuisement.

Ainsi inspirée, elle ne transige pas, elle offre sa présence agissante aux impératifs des muses clairement audibles, sans artefacts.

Loin d’elle tout stratagème séducteur, elle enfante en toute virginité et l’ange ne lui assigne que ce qu’elle se doit de materner précieusement, à chacune de ces transes d’épuration intériorisée.

La solitude, ainsi fréquentée, devient bénédiction collective.

Par ailleurs, sa mission est ennoblie par la prouesse d’être mère et père, tout à la fois, un état de fait pleinement assumé, malgré les aléas d’une pauvreté matérielle.

En toute humilité, elle transmet sans détour à ses enfants, la richesse des êtres libres en Dieu, loin de toute religiosité de ce monde.

Mon amie, ne revendique pas la parité, d’instinct elle pressent la primordialité en toutes choses.

A son coté, j’ai pu préserver le peu de lumière en ténèbres et aménager le refuge d’intériorité, au cœur du vaste camp, qu’est ce monde empourpré.

Mon amie est une sœur, en elle je ne puis que saisir la multiplicité bienveillante de la Mère Divine, mise à nu sans ostentations intellectuelles, juste claires connaissances de bon secours en temps de disettes de toutes sortes.

Comme elle s’amuse à le préciser, nous sommes issus tous deux d’une famille spirituelle confraternellement poétique.

Entre nous les affinités existentielles, nous sont si familières que le mystère de notre relation nous apparaît en toute simplicité.

En finalité, je ne peux que vous souhaiter de rencontrer de telles ames simples qui ne reçoivent que pour mieux donner.

Hacène Bouziane

tableaux Hacène Bouziane ( voir article sur Hacène Bouziane, octobre 2009 )

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

zineb 14/05/2010 10:07



j'ignore quelle est cette amie dont tu parles ! je suis jalouse  ceci dit elle a de la chance de t'avoir comme
ami....un deux vaut mieux que Dieu tue l'Aura et vive l'écho-logie....tendresse



harry-l-blackbird et elsapopin 28/04/2010 10:33



tres beau texte comme toujours....biz do