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Publié par Ph. Guillaume

Luc Moullet, pépé malicieux, présente " Les Tuniques écarlates "et nous dit que faire un film en couleurs en 1940 consistait à en mettre plein les mirettes aux spectateurs. Quand ce fut au tour de la télévision d'abandonner le noir et blanc, les mêmes causes produisirent les mêmes effets. Ce jour de 24 Décembre, alors que nous étions réunis en famille devant le film de De Mille, mon tonton, épaté par le rouge des uniformes de la police montée canadienne, décida in petto d'acheter, lui aussi, une télé couleur !                     

Bien que ce rouge-là n'ait rien de révolutionnaire, il nous incite à crier avec Boris Vian " VIVE LE TECHENICOLOR ", le rouge des tuniques, le bleu du ciel canadien, les sous-bois verdoyants, l'intérieur chaleureux des cabanes de trappeurs, et les peintures guerrières des indiens !.. Que demander de plus à un western ( ou plutôt un northern ! ) qui n'est pas le meilleur de De Mille !                                                      

On mesure également tout ce que Lucky Luke doit à Dusty Rivers-Gary Cooper. Cette " grande girafe ",désinvolte et en retrait, parsème son jeu de mimiques burlesques et déplore, en pleine bagarre qu'une balle fasse un trou dans un chapeau de 20 dollars.

Discret et chevaleresque il dissimule son acte héroïque aux autorités pour que le mérite en revienne au déserteur. Ce dernier, séduit par la sauvageonne Paulette Goddard, mi- gitane mi-indienne au nom prédestiné de Louvette Corbeau, avait abandonné ses camarades.

Moullet rappelle que le fouet et la fessée sont des ingrédients dont De MILLE, qui aimait se balader en culotte de cheval, cravache à la main, usa et abusa. La belle et sensuelle Louvette ligote son amant policier et verse de l'eau sur ses poignets ensanglantés dans une position qui rappelle celle de Marie Madeleine au pied de la croix.

Amateurs de jeux coquins en mal d'imagination, essayez donc " le déserteur et la sauvageonne " vous ne serez pas déçus !!                                        

Face à Louvette, la blonde Madeleine Carrol ,dévouée, soigne les blessés tandis que les indiens, bêtement soumis à la reine d' Angleterre et superstitieux comme il se doit, sont fascinés par la gatling gun que veut leur refiler le vilain Jacques Corbeau,tout comme des gosses devant les vitrines de Noël.

 Entre mille on reconnaît le style de Cecil. Ses acteurs posent théâtralement et les regards sont surlignés comme au temps du muet. Paulette, la belle louvette, outrageusement lascive est comme prête à rejoindre le bal costumé de " madame Satan "...                                                                                             

Classique et expérimental, distancié et naïvement élégiaque, on l'aime aussi pour ça De Mille !!   

                                                                                                 

 

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