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Publié par philippe Guillaume

 

 

  

"L'île mystérieuse", le "Robinson Crusoë" de Jules Verne est un roman d'aventures où les rares péripéties  demandent un ou deux ingrédients d'importation ainsi qu'une concentration de l'intrigue pour captiver le spectateur de cinéma.                                                                      

Cette production de Charles H.Schneer implique, bien sûr, la présence au générique du grand maître des effets spéciaux, Ray Harryhausen, et donc de quelques grosses bébêtes répugnantes : le poulet géant, l'abeille monstrueuse et sa ruche (là, je tremble de terreur et de dégoût ), le gros crabe qui permet aux naufragés de se régaler...           

Dans le roman de Verne, si le gibier ne manque pas, les femmes sont plutôt rares !

 

Aussi arrivent-elles, à la nage, avec un matelot qui a le bon goût de mourir sur la grève. La tante et la nièce (Joan Greenwood et Betsy Rand).

La première, pimbêche idiote mais sympathique, incapable de se servir d'un fusil, est toujours prompte à se faire remarquer quand la discrétion est de mise.

La seconde, plus jeune, veut de suite "épouser "(euphémisme !) le petit soldat.

La tante engoncée dans sa robe collet monté confectionne pour sa nièce un costume plus en accord avec les activités et le climat de l'île...et met en valeur ses cuisses généreuses !

Le petit couple, après être tombé dans la grosse ruche, découvre le Nautilus habité par le seul capitaine Nemo. Ce dernier interprété par Herbert Lom, moins funèbre et tragique que James Mason dans "20 000 lieues sous les mers,mais toujours misanthrope, débarrassera l'île des pirates, avant de disparaître dans l'éruption volcanique attendue.                  

Harryhausen, artisan génial, technicien hors pair et par-dessus tout créateur de génie, revendiquait l'héritage de Willis O'Brien (King Kong 1933). Sa profonde connaissance de la mythologie et sa passion pour le merveilleux oriental nourrirent la création de monstres surnaturels, de démons et de dieux inoubliables.

Qu'on se souvienne du combat des squelettes dans  "Jason et les argonautes" !

Harryhausen pratiquait l'animation image par image, et quand on lui demanda son avis sur le King Kong de 1976 il répondit : "tout ce que je peux en dire, c'est que si j'avais vu ÇA en 1933, je n'aurais pas embrassé ma carrière ".

La messe est dite ! Les artifices dévoilés, les toiles peintes sur lesquelles se dessine le Nautilus sont pour moi le pendant des illustrations style "Gustave Doré" des éditions Hetzel. Renforcés par le technicolor, ils dispensent un charme qu'une adaptation techniquement survitaminée serait incapable de communiquer aujourd'hui.  

 

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