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Publié par elsapopin

Cliquez pour tout savoir sur Charles Monselet : 220px-Charles_Monselet_par_Gaston_Vuillier.jpglink   

Charles Monselet ( né à Nantes le 30 avril 1825 et mort le 18 mars 1888 ), poète délicieux et qui n'est pas dans l'histoire littéraire à la place qu'il mérite, avait - tel Pelisson dans son cachot, son araignée - un rat familier dans son cabinet de travail, quai Voltaire. Ce rongeur, à condition de respecter les volumes à vignette, avait le droit de dévorer les vieux almanachs royaux dépareillés ou quelques tomes poudreux de l'Encyclopédie.

Mais un jour tout se gâta. C'était au temps de la guerre de 1870 et, durant le siège de Paris, Monselet, un soir en rentrant chez lui, vit le rat, son rat se repaître de sa copie à lui, Monselet, de sa copie qu'il allait porter au journal. M. Le Notre a d'ailleurs raconter le drame. Subitement le bon Monselet vit rouge. Armé d'une pincette et d'un coupe-papier, il engagea avec son rat une lutte qui fut homérique ! Le rat d'abord sans méfiance, se défendit avec l'énergie d'un désespéré : pourtant ce fut l'homme de lettres qui triompha. Mais une fois en présence du cadavre de sa victime, il n'eut d'autres préoccupations, à l'instar, du reste, de tous les assassins célèbres, que de faire disparaître les  traces de son crime...Il prit du beurre qu'il mania de persil haché menu, en bourra le corps de son ami, qu'il avait d'abord dépouillé d'une main habile mais tremblante ; il l'entoura d'une tranche220PX--2.JPG de lard rance et le fit cuire à petit feu pendant trois quarts d'heure. Puis les larmes aux yeux il se hâta de faire disparaître les traces de son forfait.

Le rat était tendre, il n'en resta rien. Mais la nuit qui suivit ce festin fut grosse de cauchemars... Plus tard, lorsqu'il fit des aveux complet, Monselet racontait que sa conscience resta tranquille...Ce fut son estomac qui eut des remords.

 

 

Article du dimanche 19 février1922

Photo du haut :  Portrait par Gaston Vuillier.

Photo du bas :Charles Monselet en gastronome d'après André Gill.

 

Voici quelques poésies drôles et gaies de ce poète méconnu

 

                         Le sonnet de l'asperge



Oui, faisons lui fête !
Légume prudent,
C'est la note honnête
D'un festin ardent.
J'aime que sa tête
Croque sous la dent,
Pas trop cependant.
Énorme elle est bête.
Fluette, il lui faut
Plier ce défaut
Au rôle d'adjointe,
Et souffrir, mêlé
Au vert de sa pointe,
L'or de l'œuf brouillé.





LE COCHON

(Le plaisir et l'amour)

 

 

Car tout est bon en toi: chair, graisse, muscle, tripe !
On t'aime galantine, on t'adore boudin
Ton pied, dont une sainte a consacré le type,
Empruntant son arôme au sol périgourdin,

Eût réconcilié Socrate avec Xanthippe.
Ton filet, qu'embellit le cornichon badin,
Forme le déjeuner de l'humble citadin;
Et tu passes avant l'oie au frère Philippe.

Mérites précieux et de tous reconnus !
Morceaux marqués d'avance, innombrables charnus!
Philosophe indolent qui mange ce que l'on mange !
Comme, dans notre orgueil, nous sommes bien venus
A vouloir, n'est-ce pas , te reprocher ta fange ?


Dragon ivre


Un dimanche d'été, sur le quai Malaquais,
Derrière lui j'allais, et je le remarquais.
Vacillant, ce dragon se frayait des passages
A travers tout le monde, et gênait les gens sages
. Il suivait lourdement le long du parapet,
Et, de l'autre côté rebondissant, frappait
Les bancs verts du trottoir ou salissait aux ormes
Le cuir qui tapissait ses pantalons énormes.
Les litres avaient mis dans son regard l'azur
Qui fait que l'on réclame avec instance un mur.
Professeur de feston, artiste en astragale,
L'opinion d'autrui lui semblait fort égale,
Et ses gestes n'avaient rien qui leur commandât.
On devinait en lui, sous l'habit du soldat.
Un villageois sentant encore la luzerne.
Il murmurait ces mots : « Permission... caserne... »

Là-bas, de l'horizon descendant les degrés
Dans un entassement de nuages dorés,
Le soleil se couchait du côté de Grenelle ;
Mais cet astre indiscret offusquait la prunelle
De ce dragon. Son casque, essayant un essor,
Sur son front en sueur flamboyait, globe d'or.
Les passants s'en allaient dîner, et les familles
Évitaient le guerrier, surtout les jeunes filles,
Non pas que son allure eût rien d'inquiétant
Pour la pudeur... Jamais ! Lui, vertueux. Pourtant,
Il souriait aux voix qu'il paraissait entendre ;
A sa lèvre entr'ouverte un refrain semblait pendre.
Tel passait ce dragon, butant à chaque pas,
Menaçant de crouler, et n'ayant même pas
Cet instinct révolté qui fait que l'on se cabre,
S'emberlificotant les jambes dans son sabre.

 

*************************************
Le coup de gueule de Pierre Thevenin :
De la retraite
Le courrier des lecteurs de Telerama, cette semaine, est une véritable mine :

"Sur Canal +, lundi 13, entendu Depardieu cracher sur "les trous du cul" (sic) qui revendiquaient pour leur retraite et louer "le seul qui, contre vents et marées, fait quelque chose : Nicolas Sarkozy".
Quand les intellectuels sortent de leur silence, attention les yeux!
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Commenter cet article

krishnafrankie 26/09/2010 15:25



Ah oui, un poids lourd Depardieu, sa retraite à lui c' est Château neuf Du Pape, on a pas les même valeurs. Mais le gars il s' accroche, c' est un vrai guerrier, avec 3 grammes d' alcool il
arrive encore à conduire un scooter. Faut Ecrire à Gourio, et inscrire sa grande citation au châpitre du roi de la biture.Après un Les coup de gueule de Depardieu il reste une peau de
renard  et plus un point sur le permis. Et franchement, ca sent le vomit.


 


Krishnafrankie.



Violette Dame mauve 24/09/2010 11:24



Merci de ta réinscription à ma nouvelle communauté qui remplace la première.


Désolée de ce surcroit de travail mais je n'avais pas le choix.


Bonne journée


Bisous


Violette



harry-l-blackbird et elsapopin 25/09/2010 19:18



pas de souci c'est un plaisir de faire partie de ta communauté biz elsapopin