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Publié par CINEPHIL

 

Quand, dans les années soixante, je retrouvais, le jeudi après-midi, un copain dont les parents avaient la chance de posséder un téléviseur, c'était pour ne pas manquer le dernier épisode du "ZORRO" de Disney.

Ses aventures alimentaient nos conversations et nos jeux mais son succès était quasi clandestin.

Si une revue de ciné évoquait Zorro, il n'y en avait que pour Douglas Fairbanks et Tyrone Poer, rien de rien sur Guy Williams et les autres comédiens qui avaient fait du petit village de Los Angeles un équivalent de l'Halakaloa polynésien de John Ford.

Si j'en juge par la popularité dont, cinquante ans plus tard, jouit encore la série, j'étais loin d'être seul sur les chemins de Californie, dans le sillage du bandit masqué.

Où menaient-elles, ces routes, en définitive ? Vers un micro-univers, un "Shangri La" marqué par l'art et la douceur de vivre.
 
En quoi se résument en effet les journées de Don Diego ?
Un viron à la taverne pour vider de bonnes chopines tout en taquinant un sergent Garcia jamais découragé dans ses tentatives de séduction, une promenade à cheval, précédée d'un déjeuner sur l'herbe avec une belle senorita, une partie d'échecs avec son vieux papa bougon, bientôt complice de ses frasques, et enfin une petite virée nocturne en costume, histoire de ridiculiser quelques trublions.


Car cet autre irréductible village est menacé par une kyrielle de tristes sires : officiers arrivistes et brutaux, mégalos fascisants, zélés serviteurs de la métropole espagnole, se targuant, les uns, de discipliner une garnison imperméable aux honneurs et à la gloire militaire, les autres, de botter les fesses de ces insupportables paresseux qui n'ont de cesse d'opposer une résistance objective et passive à leurs grotesques ambitions.

 Mais, bientôt observés derrière un passage secret, espionnés par un faux sourd, excédés par l'inertie et la (fausse?) naïveté d'un gros sergent, ils se verront contraints, eux et leur clique, de quitter cette thébaïde sous les claques infligées par un Zorro doté d'un solide sens de l'humour.

 
Ce Zorro, c'était Guy Williams, disparu voilà  vingt-trois ans.
Si on l'a peu revu à l'écran, c'est que, fidèle à l'éthique de son personnage ( oui, j'ai bien dit l'éthique ), il a préféré couler une vie douce et tranquille sous le soleil argentin loin des sunlights hollywoodiens. Là bas, avec une popularité jamais démentie, il organisa des " tournées de plage "et, sous le masque de Zorro, montra ses talents de cavalier et d'escrimeur en affrontant son partenaire Fernando Lupiz.


Contrairement aux autres interprètes de Zorro qui  accentuaient la dichotomie Zorro-Diego en caricaturant outrageusement ce dernier, Guy Williams fit de l'homme d'action le prolongement naturel de l'intellectuel spirituel et farceur.
On peut donc, estimer que justice a été rendue au seul, à l'unique, au vrai Zorro.
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