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Entre Chien et loup.
 
Entre chien et loup, les ruelles se vident de leurs dernières ombres passantes, elles pressent le pas, saisies par un froid d'automne; qui se laisse grignoter ses dernières heures par la montée i,exorable de l'hiver pressé d'être intronisé, maître de maison, en ce fameux jour de solstice, que les traditions anciennes célèbres en grande pompe, car lors de cette nuit particulière, les portes du ciel s'ouvrent.
Sur la bande traçante des artères de la ville, les affres de la multitude, s égrènent dans le sillage de vagabondages flagrants; focalisés sur d'individuelles angoisses existentielles esseulées, éreintées par l'impuissance, depuis que leurs soucis sont sollicités par la permanence du malheur, qui fait la richesse des masse-média, savamment orchestrées par les amis d'un incontournable Citizen Sarkorporation...
La maigre chaleur des diodes et autres néons décoratifs ne suffisent même plus à réchauffer l'enchantement consumériste, lors de ces festivités de fin d'année...
Trêve de confiserie le coeur n'y est plus, il semble s'être perdu en des abrutissements de plus en plus précarisés, que les boites à chagrins se faisaient un honneur d'encenser lors de ces fameuses trente glorieuses, en de vagues et solennelles spéculations sciences-fictionnelles, celle là même qui ouvraient le bal des enrichissements tout en goguettes de virtualité...Le bal semble bel et bien être terminé, lors du tintement de fin spéculative, de la fameuse cloche de Wall Street.
La peur verdâtre en spectre éthéré, chaque soir depuis septembre, remplace sans vergogne le célèbre sable de Nounours, pour sillonner allègrement les vastes plaines civilisationnelles et s'emparer des esprits endormis, bercés de cauchemardesques impuissances flagrantes.
La jeunesse en déshérences festives, n'en finit plus de mourir sur des fronts de joie de vivre dopées d'artifices.
Les tranchées de la scélérate virtualité, ne sauraient protéger leurs occupants, des dommages unilatéraux, causées par des bombes à fragmentation de non sens.
Juan, jeune tzigane déconnecté, donc épargné du sort morbide occasionné par les rétro-virus du stratagème global, fait pleurer, en quelques notes buissonnières, son violon, telle une offrande aux bonnes âmes charitables.
Les MP3 et autres portatifs vissés aux oreilles de la multitude, le laisse bredouille, le ventre saisi de mélopées de gargouillis, inexorablement vide.
La vision d'une hypothétique pièces, lui donne le regain manuel nécessaire à la maîtrise du geste ajusté, à l'ampleur d'un cri tout en solo de sol majeur, fiévreusement interprété, par les cordes savamment violentées, de son violon ancestral.
d'une fantasmagorie à l'autre, son corps se verrait parfaitement bien couche, dans ces abris de fortune, mis à dispositions par les fondations caritatives des vastes compagnies de sociétés anonymes, aux patronymes prudemment symbolique.
Mais la clef du Paradis d'un soirée paye en euro symbolique.
Là, le rêve s'étiole, au rythme des notes larmoyantes de son instrument à corde.
Et dire que même la tente " Quetchua ", ne lui sera d'aucun secours, puisqu'elle est devenue, en compagnie de ses soeurs, pièce à conviction, au fameux procès des objets encombrants.
La ville se doit d'être rutilante, pour préserver la sensibilité visuelle et olfactive, de ses notables modernes, surtout en ces jours de célébrations consuméristes.
Loin de se fondre en accumulation de grelots précoces et de se morfondre en des inquiétudes impudiques, juan se laisse plutôt étourdir le coin des visions par l'étincellement naturel, de quelques rebords de fenêtres pieuses, illuminées par le scintillement de bougies, à la luminosité amplifiée par les rangées de verres colorés, qui les protège du vent fripon.
Il lui revient à la mémoire, qu'enfant le padré José, lors de cette nuit particulière, décorait de lumière paraffines, la roulotte de fortune, même garée à proximité de la décharge publique.
Une féerie de lumière emplissait les clairières alentour, évoquant mille contes orientaux, dans les pensées nostalgiques de la tribu pauvre, nomade, mais libre !
Il stoppa net, en simultanée, l'agitation frénétique de l'archet de ses doigts sur le violon.
La simplicité de cette remémoration, suffit à lui saisir le corps, l'âme et l'esprit.
Il retrouva spontanément l'agilité de l'enfance et en une espèce de transe, le voici dansant, en compagnie des siens autour du feu sacré, les femmes hurlaient des incantations, les hommes virtuoses musiciens, concouraient à cette célébration peu en appelaient à la vision sacréee...
Car leurs secrètes errances, ils les confiaient aux Saintes-Maries et en ce jour d'immaculée Conception, ils se lavaient des affronts de la bonne société bien pensante, éloignée des véritable croyances.
Tels des soufis ivres d'Amour, ils communiaient avec l'invisible, l'envers de la vie et ne souciaient plus de la mort, l'espace nomade les conviait à chorégraphier, au delà du temps, le serment collectif à l'instance co-rédemptrice de la Bonne Mère.
Juan, seul héritier de ces mystères occultés par le rouleau civilisationnel démocratique, dansait, tournoyait, au milieu de la rue dépeuplée des Martyrs, exultant tout le rire et la joie ancestrale de son peuple, pareil que lors des douches obligatoires de la planification hygiéniste nazie.
Pour lui dernier manouche digne de se nom, éloigné de toute sédentarisation, les temps étaient murs. Une seule aspiration dévote, vissée au coeur, l'ultime vision de Myriam sainte petite mère des Avatars.
Par miséricorde, la singulière jeune fille vierge au teint halé, couverte de mousseline turquoise, lui lança le défi d'une dernière danse.
Saisissant cette main tendue, Juan laissa la mort recouvrir son corps abandonné sur ce trottoir, pour chevaucher son âme et rejoindre le pays aimé ancestral, lumineux Rajastan, porte mystérieuse de'Arghata...Seulement représentée sur les cartes du voyage subtil, des états multiples de l'être....


 
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