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Publié par harry-l-blackbird et elsapopin

 

" J'ai 64 ans...et je me suis mise à l'écriture en 2005, grâce aux paroles douces dites par quelqu'un...
Depuis, j'essaye d'avancer et de prendre du recul sur mes textes.
je vis ma poésie comme une rencontre amoureuse : elle est une bulle dans le langage.
Picasso disait : " Jouer avec les mots n'est-il pas aussi jouir avec les mots ? les mots ne sont-ils pas des caresses aussi tendres que des baisers ? "

Dominique GOUT                                                         

 

 

 

BLANC VERMEER

La touche s'était posée là
Au creux de son cou
Pour attraper la lumière
Pour l'évidence
De l'ovale de son visage
Pour sa peau d'incarnat.
Et la touche blanche
A marqué un point
Sorti de l' anonymat
Cette femme de légende :
La Belle Flamande.
Je vacille
Perfection de la lumière...
La couleur suit le dessin
De la dentelle, la frôle,
Et puis rattrape l'épaule
Le laser de la ligne
Une plume de cygne
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TOPIAIRE

Je marche nue, sous une pluie fine et douce.
Petit à petit se hérisse ma peau.
Je me couche. La terre est encore chaude
des herbes humides qui me chatouillent
Remontent les odeurs, lentement me pénètrent.
Et mon corps est un filtre et la terre mon éponge
Mon âme est lavée. Elle se ressource au contact.
Mes odeurs intimes restent pourtant
Et m'imprègnent de cette boue miraculeuse.
Je ne sais plus qui je suis.
Ai-je des racines ? Les fleurs m'envahissent-elles
Et se nourrissent de mon sang, de mes cheveux ?
La pluie s'écoule sur mes seins durcis, Suit la pente de mes flancs, glisse sur mon nombril
Je ne respire plus : elle va sur mes poils fauves,
S'insinue dans mon corps entrouvert
J'écarte les jambe : Est-ce cela la semence
Qui m'ôte toute angoisse, et me donne la vie ?
Et pourtant où est l'homme ,
Arrosez-moi, taillez-moi, débroussaillez-moi
Frôlez-moi de votre ciseau modeleur
Caressez-moi en enlevant le superflu
je ne bougerai pas. Le sculpteur est parfait
L'oeil est critique : le mamelon est bien ici,
La voûte de mes côtes en arcades, là.
Tout est bien en place
Je m'endors au jardin, vivante et bien en chair
D'ici peu je sentirai le buis
Ou le genévrier. Si je ne rêve pas.
Une fleur rouge me poussera au milieu.

 
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PICASSO

Chevauchant le Minotaure et le Centaure à la fois,
Son sexe bandant tel un pinceau flamboyant
Il presse les chairs les chairs en artiste conquérant
Il presse les chairs des femmes à son choix,
Pâtes à modeler comme il lui convient
Faisant d'elles tout ce qu'il veut
Destructurant leurs corps sur le format raisin
Destructurant les corps sur la toile préparée,
Ainsi de lumière et de soies décorées
Le geste est tout en économie.
c'est une question de survie.
Comme le samouraï il tue le hasard
Tout est serviteur de son art.
Tout est voulu. Le moindre trait
est essentiel pour lui : c'est là le secret.
Car son art est dans l'acte et les sens.
Rien n'est chaste. Tout est jouissance
De l'oeil et du doigt incendiaire
De la main et de la paupière.
Il enrobe sa vision a trois cent soixante degrés
Comme le Condor au dessus des Andes.
Son Territoire est de couleurs et de peau
Il est dans la corrida, le combat et la vie.
C'est lui qui mène la sarabande,
Le désir et l'amour pour drapeau,
La création jamais inassouvie.
Sans lui les suivants ne seraient pas.
Il est entré dans l'Art en grand arroi,
Chevalier, Consquistador en habit de lumière,
Le pinceau à la main jusqu'à son heure dernière.

 

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