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Publié par elsapopin

Petite ange coincée dans les nuages… mais qui le soleil s’incline, lune s’installe sur sa peau black, elle est toute belle, Alice . Pure alchimie. Souvent, de passage, la plus part des hommes lui envoient des étoiles, Alice les rejette d’un revers de main, en jetant la salive parterre avec toutes ses veines du cou tendues, la majeure en l’air, sourire coincé, comme atteinte de constipation. C’est que des tintamarres, soubresauts qui sautent sur ses plaies mal guéries. Alice est allergique à entendre les étoiles, elle a tourné la page; à présent elle torture son âme à travers le prisme de son corps pour se venger d’elle même d’avoir… Elle préfère ainsi et croit que ce n’est point de la torture. C’est Etre libre. Une libellule. Un choix par omission. Elle dit que c’est poétique, quand bien même elle déteste la poésie ; c’est elle qui a soulé son âme, en l’amenant sur cet autre monde. Alice n’a point voulu mourir…
18heures, l’alarme pisse sur le silence qui régnait dans son sommeil. « La nuit c’est le jour, le jour c’est la nuit, fulmine t-elle son mantra avec une gueule fatiguée en se réveillant et en éteignant le brouhaha de l’alarme. Toutes les espiègleries puérils, les heures sombres, les étoiles maquillées de boue… qu’on trouve le jour, sont réciproques aussi à la nuit. Alice se lève, caresse son chat noir au pied du lit et va se doucher. Elle mettra David Bowie à fond pour se laisser bercer dans la douche…
Coiffure à la garçonne, une longue clope sur sa gueule, dont les volutes fendent l’air en brouillard piquent ses yeux comme le piment d’Afrique, de l’amour sur son corps, dont les rondeurs et la poitrine c’est que du miel des rayons; Alice ne pense pas et se tient sur le seuil de la porte du salon depuis quelques bonbons de minutes, pied gauche qui remue sans cesse. Comme on piétine la tête du serpent, elle écrase le mégot, éteint la lumière du salon et ferme la porte. Sac brinquebalent au flanc droit, talons d’aiguilles, elle va à l’invitation de la nuit. Notre petite ange a une folle mission…
Sur l’avenue de  » tout est permis », ça fait quelques trois heures du temps dur qu’elle épie de gauche et à droite à la recherche d’un ange ou démon, pourvu que le matin laisse son ventre tranquille. Elle n’est pas la seule à attendre la manne, il y a toute une cohorte de filles mineures en mal de sexe, femmes mariant jusqu’à là cinquantaine, prostrées le long des murs, qui attendent aussi les dieux de nuit. Elle extirpe pour là énième fois de sa sacoche un petit miroir et de la main dextre, se farde. Avec cette beauté qu’on ne peut décrire avec exactitude mais juste la sentir bruler au fond de soi, pourquoi cette nuit est grise pour elle? Avec ces trois heures passées debout, souvent, elle devrait avoir au moins dix odeurs qui avaient déjà déchaîner leur colère sur son corps. Mais non, là, les dieux passent sans grand intérêt pour cette ombre étoile au milieu de la masse le long des murs. Étrange, non, Tu ne trouves pas ? Elle remet le miroir et se décide enfin comme le font ses congénères depuis un bout de temps. Comme les hommes ne viennent pas, Alice se met à les accoster, avec les plus beaux mots érotiques, en leur montrant ses seins et soulevant sa jupe dont le sexe est à la vue, c’est qui n’est pas dans son caractère. D’habitude elle n’accoste pas, ils viennent seuls chez elle, parce qu’elle sait jongler avec les hommes en mettant du baume sur leurs nerfs, elle a tout ce qu’un homme cherche. De la sérotonine ? Viens chez Alice. Mais, les petits dieux ne prêtent pas attention à ses gestes, comme si Dieu a détourné leur cœur du désir de la chair. Dieu ne peut pas faire ça sans prévenir, voyons ! D’un coup, elle coule dans l’encre de Chine…
Les hommes. C’est eux qui ont fait d’elle gardienne de nuit. Réparatrice. Avant, elle n’avait pas une coiffure à la garçonne, ne fumait pas, et portait les habits qui ne frisaient pas d’hystérie les consciences des autres… Avant, les hommes venaient l’accoster avec des paroles et gestes poétiques. A chaque fois qu’elle croyait au grand amour, le bateau partait en dérive, à cause de l’avidité des hommes. Toujours à la conquête des femmes. Et, elle survivait avec des séquelles, jusqu’au jour où elle décida de tourner le dos à l’amour et voulut se suicider. Mais non, il eut une voix dominante en elle, donner son corps à des inconnus lui plu beaucoup car eux, au moins, ne joueraient pas avec son cœur comme une ancienne poupée – qu’on jette souvent à la poubelle- se fait remplacée par une nouvelle venue…
Alice sursaute en râlant quand un homme d’un grand gabarit, sortant de nulle part – qu’elle n’arrive pas à voir tant l’homme et la nuit sont des homonyme- se place devant elle. L’homme prononce les vers d’ un Aimé Césaire raté :

-Je vais faire de ton corps une guitare de rock’n’roll…

-A condition de …

Chut ! j’ai tout ce qu’il faut, lui coupe l’étranger, occupe toi de mes nerfs toute la nuit.
Ils s’en vont… Alice ne sait pas qu’elle est une petite ange coincée dans les nuages.

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