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Publié par elsapopin



Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

On ira faire le tour du monde,
même s’il tourne parfois pas très rond,
même si le bout du monde c’est juste derrière nous,
mais on s’en fout,
on dira bien haut aux autres gamins,
aux parents, aux vieux aussi, tu sais,
eux ils voient pas la vie souvent,
qu’on est là pour un moment,
qu’on est là pour vivre libres.

Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

On dira bonjour aux gens, il y en a tant de bien,
qui nous ferons danser,
qui nous ferons manger,
dormir dans l’écurie même pendant l’orage,
dans des draps un peur rêches parfois
quand on aura la rage,
parce qu’il y a aussi des salopes,
des enfants de putains, elles qui n’y sont pour rien,
de voir se déchirer leurs charognes.

Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

On fera la route ensemble,
puis tu sais, t’auras jamais faim,
on fera le théâtre sur les places de villages,
contre quelques euros,
contre un bout de fromage,
tu feras le dresseur, moi je serai l’ours,
j’aurai pas trop à me forcer,
mal embouché, mal léché,
ce n’est pas toujours exprès si je grogne.

Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

On fera des claquettes, de la musique,
partout où on ira, on en fera un jour de fête,
puis tu sais, si ça suffit pas de tendre un peu la main,
j’irai tirer deux ou trois trucs dans les grands magasins,
mais ça, t’en parle pas, gamin,
tu fais comme si je n’avais jamais dit
qu’on jouera Bonnie et Clyde en cavale,
tu diras jamais ce que j’ai dit tout bas,
qu’on ira courir nos jeux olympiques pour pas crever la dalle.

Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

Tu craindras rien tant que je serai là,
tu sais, j’ai fait tous les métiers, plus un,
ceux que chacun connaît, ceux qui sont des secrets.
On construira des marionnettes
pour se produire dans les villages,
se moquer des fâcheries des voisins,
sourire, verser un petite larme, aussi,
quand à la fin, ils se prendront la main,
se disant oui c’est tellement bête d’être fâchés et vivants.

Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

Pour rire, t’auras toujours de la lumière,
pour rire, t’auras toujours du feu qui brille,
parce qu’on leur dira que oui, c’est pourri,
leur monde, ça pue la mort, mais ça pue la vie,
que leur feu, s’il est froid,
ce n’est pas qu’il est éteint,
c’est juste qu’ils ne savaient pas encore,
avant qu’on danse, qu’il y a un demain, un matin.

Mais non, pleure pas, mon môme, mon frelot, mon gamin,
viens là, prends ma main,
tu sais, c’est pas encore foutu, il nous reste demain,
viens, prends ma main.

On a du chemin, mais on ira plus loin,
Tu sais pourquoi gamin ?
Parce qu’on s’aime.
Et que l’un sans l’autre, on n’est rien.
Oui, mon môme, mon frelot, mon gamin,
le secret c’était ça,
ce truc bizarre au bout de nos doigts.

Promis, on leur dira sur le chemin.

 

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