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Dans ma cage de verre et d'acier montée sur matière déformable noire, je profite des lois de l'énergie cinétique pour m'élancer sur le large fleuve figé orné de coutures blanches.

Sur ma gauche, l'astre glisse derrière les reliefs, accompagné de ses derniers apôtres, les nuages, éclaboussés par son verbe de feu.

L'inertie me colle au siège. Une bifurcation m’éjecte ensuite vers un segment secondaire, entièrement rectiligne. La verdure s'installe. Une verdure domptée : champs, prés broutés par de placides ruminants, arbres en enfilade. Des lignes électriques raient le ciel.

 Un reggae de Bernard envahit l'habitacle. Je hoche la tête pour marquer la cadence. Maisons tristes, panneaux indiquant des directions rarement prises. Au fond, des ondulations douces d'un vert profond ourlent le bleu mourant du crépuscule. La bourgade se rapproche.

Le rayon laser change de piste sur la galette insérée dans le poste. Chanson-révolte à la cadence survoltée en l'honneur des peuples de Sud Amérique. Des images surgissent : une canopée triomphante, des eaux boueuses, des bulldozers, des hommes prêts à verser, pour de l'or, le sang des arbres et le sang des autres. Au final, c'est la même chose.

Retour au matériel. Ma plaine. Une plaine ennuyeuse, banale, diront certains. Mais c'est ma plaine, mon décor. Le décor de mon enfance, le décor de mes errances.

De la patrie des crassiers à la cité au pied des Monts, c'est mon espace, ma grande échappée. Rie ne pourra m'en déraciner. J'y resterai, même en rêve.

 

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Joëlle Pétillot 27/02/2019 17:32

Texte musclé qui fait voyager. Visuel aussi.

Greg 27/02/2019 19:10

Merci beaucoup !