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Publié par elsapopin

Après le petit poème d’il y a quelques… semaines déjà ! passons aux beaux mots utilisés pour ces beaux animaux.

Sus scrofa Linnaeus est le nom officiel, dit scientifique, qui désigne l’animal en tant que représentant de son espèce. La laie est la femelle.

Avant d’atteindre douze à quinze kilos, vers trois ou quatre mois, parfois six mois, le marcassin est en livrée ! Il est marqué de la tête à la queue de onze rayures parallèles, allant du brun foncé au à noir, sur un fond fauve, ou gris clair. Puis les raies s’estompent, et vers trois mois à six mois le pelage devient roux : les marcassins sont devenus des bêtes rousses. L’année suivante, leur pelage deviendra plus foncé, et ils seront appelés bêtes de compagnie, car ils n’auront pas encore quittée celle-ci, comme on le verra plus loin.

On appelle laie suitée une laie suivie de ses marcassins. Une laie ragote est une laie âgée de deux ans. Après l’âge de six ans, c’est une vieille laie

Pourtant, un sanglier peut vivre au moins une quinzaine d’années ( jusqu’à vingt-sept ans selon certaines sources ) Du moins il le pourrait, s’il n’était pas chassé… Les sangliers de plus de deux ou trois ans sont rares, à cause de la chasse. Selon un site, pourtant un site de louveterie : « On peut dire que dans la nature les sangliers de six ou sept ans sont inexistants, car survivre au-delà de cinq saisons de chasse relève du miracle. »

La couleur du pelage varie avec l’âge du sanglier ; c’est pourquoi le mâle adulte peut être appelé bête noire. Le vocabulaire de la chasse est plus précis : bête de compagnie à un an, ragot à deux ans, tiers-an ou tiers-ans à trois ans, quartanier ou quartannier de quatre à cinq ans, vieux sanglier à six ans et grand vieux sanglier à sept ans et plus.

Un solitaire est un sanglier qui vit seul, et c’est même cette façon de vivre qui a donné le mot sanglier : ce mot vient du latin vulgaire singularis ( porcus ) : « porc solitaire » Orthographié sengler ou senglier au XIIème siècle, il a d’abord désigné un sanglier mâle vivant isolé. Le solitaire peut ne pas l’être tout à fait, mais accompagné d’un jeune mâle, qu’on appelle le page.

On a vu, dans un article sur le cochon, que cochon et sanglier sont inter-féconds : les sanglichons, sanglochons ou cochongliers sont des hybrides issus indifféremment du croisement d’un porc et d’une laie ou d’un verrat et d’une truie, et eux-mêmes féconds ( bien que le cochon a 38 chromosomes et le sanglier 36 ), ce qui pose la question de la notion d’espèce.

La hure désigne la tête du sanglier, ou du cochon. Et, par extension, celle de certains fauves et de poissons à tête allongée. Le nom des Amérindiens Hurons viendrait de ce mot : ils portaient paraît-il « une sorte de crinière ressemblant à celle des sangliers. » Leur vrai nom était Wendat, qui signifie habitant d’une île.

L’étymologie du mot hure est inconnue. Le mot pourrait avoir une parenté avec le mot anglais hair ( les cheveux, la chevelure ) et le mot allemand Haar. A rapprocher de l'ancien adjectif huré, qui signifiait hérissé ; mot encore usité au XVIIème siècle.

Les poils de l’échine du sanglier forment la crinière, qui peut se dresser lors du rut, ou en cas de danger ou de douleur, du moins pour les sangliers de trois ans et plus. Les jards sont les poils les plus rêches de son pelage (crins ). Le mot jard ( parfois orthographié jarre ) vient du francique gard ( aiguillon ). Ce type de poils assure la couverture externe des mammifères, par opposition au duvet. Le jard est long, raide, et de faible densité. En automne, le pelage du sanglier devint plus sombre, s’enrichissant d’un poil chaud, la bourre.

La queue est nommée aussi vrille ; elle finit par un toupet de poils. Portée ordinairement tombante, elle est redressée en cas de danger. La crinière est alors fortement hérissée, la tête dressée, et la laie suitée nasille alors un signal particulier, auquel les marcassins se rasent : il se tapissent.

Le boutoir est le groin du sanglier ( par extension, le mot peut être utilisé pour désigner le museau du cochon, de la taupe, etc...) 

Les grès sont les canines supérieures du sanglier mâle. 

Les défenses sont ses canines inférieures, qui poussent tout au long de sa vie. En ouvrant et fermant sa gueule, le sanglier aiguise ses défenses sur les grès. ( A noter : les défenses des éléphants sont des incisives transformées, et non des canines ). 

Les écoutes sont les oreilles des sangliers. Les mirettes, ce sont ses yeux… La vue du sanglier n’apparaît pas excellente : peu de vision des couleurs, des objets éloignées, ou immobiles. 

L’armure est la peau épaisse  ( jusqu’à trois centimètre d’épaisseur ), dure et velue qui recouvre les épaules et une partie de la cage thoracique du mâle et lui assure une relative protection lors des combats qui peuvent avoir lieu en période de rut.

Les deux doigts centraux qui prennent appui sur le sol sont nommées pinces, et les doigts atrophiés situés derrière les pinces se nomment les gardes. On appelle volcelet, ou volcelest l’empreinte du pied d’un animal considéré comme gibier. Ce mot provient de la phrase « vois-le, ce l’est » et désigna d’abord le ton du cor que l’on sonne quand on revoit la bête qui va fuyant.

Un sanglier pigache est un sanglier qui possède une pince plus longue que l’autre à un pied.

À la la recherche de racines et de vers, les sangliers, animaux omnivores, fouillent le sol de leur boutoir et de leurs défenses. Les fouilles peu profondes sont les vermillis, les fouilles profonds les boutis.

Le poids des sangliers dépend en grande partie des quantités de nourriture disponibles, et donc, entre autres, des saisons. En automne, ils peuvent acquérir une bonne couche de graisse, appelée saint, mot à rapprocher du mot saindoux. Le sanglier est alors en porchaison.

La structure sociale des sangliers est de type matriarcal.

La compagnie, base de la structure sociale des sangliers, est constituée de trois ou quatre laies suitées, rarement plus. C’est la laie meneuse, ( la plus âgée, la plus expérimentée ) qui mène la compagnie, dirige les déplacements du groupe, jeunes mâles compris. En effet, chaque laie garde près d’elle les petits de sa portée de l’année : marcassins puis bêtes rousses, et ceux de l’année précédente : bêtes de compagnie.

À noter : le mot harde est réservé en principe à un groupe de cervidés.

C’est l’entrée en chaleurs de la laie meneuse qui déclenche celle des autres laies de la compagnie. Cela se passe en général en décembre, ou quelques semaines ou même quelques mois plus tôt les années où la nourriture est abondante.

Les sangliers sont bons nageurs, et ils ont besoin de se plonger dans l’eau ou la boue pour réguler leur température corporelle, car ils sont dépourvus de glandes sudoripares. Rappelons que c’est surtout l’évaporation de la sueur qui permet au corps des humains de se refroidir en cas d’excès de chaleur. La cuvette de boue dans laquelle ils s’immergent ou se roulent, creux naturel ou qu’ils ont créé, s’appelle la souille. Après s’être souillé, le sanglier se frotte sur les arbres alentour, appelés frottoirs ; cela le sèche en partie, et facilite l’élimination de ses parasites cutanés. On appelle houzures (ou houssures) les traces de boue laissées sur le frottoirs.

Mais c’est en un lieu sans humidité, autant que possible, que le sanglier se bauge : la bauge est un creux sec et abrité, dans lequel il dort. Il y est très discret, silencieux. La bauge comporte une issue pour fuir rapidement en cas de danger. ( Pour le cerf on parle de reposée, et pour le chevreuil de couchette )

La bauge ne doit pas être confondue avec le chaudron : le chaudron est le nid douillet, d’environ un mètre de diamètre, que la laie creuse et garnit d’herbes, de feuilles et de branches, après s’être isolée à l’approche de la mise bas. C’est à ce moment que les bêtes de compagnie se séparent de leur compagnie d’origine, devenant ragots et laies ragotes, en route pour fonder leur propres compagnies. Les bêtes rousses sont désormais les nouvelles bêtes de compagnie.

La laie donne naissance dans le chaudron, en mars ou avril puisqu’en général les saillies ont lieu vers le mois de décembre et que la gestation dure « trois mois, trois semaines et trois jours », à des marcassins nouveaux-nés. De deux à dix, selon l’âge et le poids de la laie : le moindre nombre pour les plus jeunes – les laies atteignent leur maturité sexuelle entre huit et vingt mois, âge qui varie en particulier avec l’abondance de nourriture – et peu lourdes. Les petits restent au nid sept à dix jours, et au bout de trois semaines ils suivent leur mère, qui rejoint la compagnie. Ils sont allaités pendant environ trois mois.

Les marcassins pèsent à la naissance entre six cents grammes et un kilogramme, alors que s’ils pouvaient achever leur croissance, vers l’âge de quatre à six ans – ce qui n’arrive que rarement à cause de la chasse, alors même qu’ils pourraient vivre, en l’absence des humains, pendant quinze à vingt ans – ils atteindraient la centaine de kilos pour les laies, et cent cinquante à cent quatre-vingts kilos pour les mâles. Voire trois cents kilos dans les pays de l’Est de l’Europe, régions plus froides : un faible rapport surface sur poids est favorable à une meilleure conservation de la chaleur corporelle et donc à une meilleure protection contre le froid : voir en fin d’article la vieille, et controversée, règle de Bergmann. Serait-il possible qu’une éventuelle moindre pression de la chasse sur les populations de sangliers, dans ces pays aux territoires sauvages plus vastes, en favorisant leur longévité, favorise aussi, en conséquence, l’acquisition de masses corporelles plus grandes ?

Trois définitions pour clore cet article :

Vénerie : (du latin venor : faire la chasse) : c’est la « chasse à courre », ou « chasse à courre, à cor et à cri », « chasse à bruit » (« venatio clamosa ») ou encore « chasse par force ». Elle consiste à poursuivre un animal sauvage ( cerf, sanglier, chevreuil, renard ou lièvre ) avec une meute de chiens courants, jusqu'à son épuisement ( chasse à l'épuisement ) et sa prise.

Espèce : «. La définition la plus communément admise : une espèce est une population ou un ensemble de populations dont les individus peuvent effectivement ou potentiellement se reproduire entre eux et engendrer une descendance viable et féconde, dans des conditions naturelles (définition selon le concept biologique de l'espèce.) Mais il existe beaucoup d'espèces qui se croisent librement dans la nature sans que les taxonomistes les considèrent comme une seule et même espèce pour autant.. De nombreuses autres définitions ont donc également cours pour passer outre les limites du concept biologique de l'espèce : il en existe plus d'une vingtaine de dans la littérature scientifique. »( http://In https://fr.wikipedia.org/wiki/Espèce )

Règle de Bergmann : « Cette règle empirique est nommée d'après le biologiste allemand du XIXe siècle Carl Bergmann. Elle s'explique souvent par le fait que les proportions corporelles jouent un rôle important dans la thermorégulation et l'adaptation au climat, les plus grands animaux ayant un rapport entre surface et volume du corps plus petit, si bien qu'ils irradient moins de chaleur corporelle. Néanmoins, cette règle comporte de nombreuses exceptions connues. Bien que formulée au départ pour des types d'animaux considérés comme une espèce d'un même genre, la règle est aujourd'hui fréquemment appliquée aux sous-espèces ou variétés d'une même espèce. De plus, on la retrouve parfois pour des animaux ectothermes. » In : ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Règle_de_Bergmann )

Sarah Pierre Louis

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