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Mazisi Raymond Kunene, (1930-2006 à Durban,Afrique du Sud) est un poète sud Africain et un militant des droits civils. Docteur en  littérature africaine, il rédige ses poèmes en isiZulu, sa langue maternelle. Très vite, son combat anti-apartheid fait de lui un ennemi du régime et il est contraint à l'exil en 1959. De 1975 à 1992, il est professeur de littérature africaine à l'Université de Californie à Los Angeles. Après élection de Mandela il rentre au pays et enseigne la littérature à l'Université de KwaZulu-Natal.  "Zulu poems", son premier recueil, paraît en 1970.

 

La nuit
Le cœur de la terre est couvert d’ivraie,
L’obscurité descend des sentiers du ciel.
Les queues noires des vaches s’agitent dans le vent,
Et saisissant les barrières du crépuscule elles frappent la mer.
On dirait que les gens rampent dans des îlots de lumière :
Tel qui se dressait comme une forêt
Rampe sur le ventre et danse emporté par un rêve ;
La terre en ses déserts se prend la tête entre les mains.
Les petits enfants se sont réfugiés dans leurs trous :
Ce trou est la grande demeure des esprits des Ancêtres.
Là, sur la voûte le chagrin déploie ses côtes
Là, le grand jour envoie ses coursiers
Les cheveux blancs, les cheveux blancs du soleil. 

Noël 1967, île de Man
Comment pourrais-je me taire
Sur ces montagnes de Theleni
Tandis que j’entends des sons doux qui portent aux confins du monde,
Tandis que j’entends les voix des enfants se répandre
Et se laisser porter par l’écho dans les vallées.
De sa canne la matin les appelle.
Comment les verrais-je en leur beauté,
Quand ils auront grandi et se seront épanouis ?
Ce qui fait vraiment mystère c’est ce qui est là,
C’est qu’en leur compagnie sans cesse je grandis.
Et voici que je danse avec le grand oiseau
Qui déploie ses ailes
Et entoure la vaste terre,
Il pose ses œufs sur un nid 

Où un grand jour va apparaître
Il se vrillera autour d’une autre longue journée,
Apportant son répons au chant qui me hante.
Dans les champs il y aura de la joie sur les tiges sèches :
Là, des pas foudroyants arrêteront les sources,
Et les joyeuse filles de Jabulile ne mourront point. 

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