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Il est trop tard pour espérer,
pour sourire,
pour parler d’amour,
ou simplement aimer le rire des enfants.
Je suis vidé de ma substance,
celle qui coulait dans mes veines,
qui irriguait mon cerveau,
qui faisait battre mon coeur.
Je n’ai plus envie de faire semblant,
de prendre des postures,
je laisse ceux qui me cantonnent
à la vulgarité, bite, couilles, nichons,
me cataloguer lourdingue à vie,
de toute façon je m’en fous,
ceux et celles qui ne voient que cette vitrine,
ça leur en fait voir un peu de temps en temps,
du moins dans mes mots,
et qui sait, de belles bites dans leurs cervelles.
Je suis fatigué, las,
mentir pour vivre en société me gave
comme une oie malade qui sera abattue pour Noël,
guetter qu’on puisse être simplement content,
heureux ou ravi de ce que je fais,
de ce que j’écris,
c’est tout sauf une vie,
ce sont des chaînes bien trop lourdes,
elles ne rentrent pas dans l’ascenseur
qui s’enfonce niveau moins deux,
là d’où je n’aurais jamais dû sortir,
entre ma cave et mon vide-ordure,
au moins j’avais un avenir.
De toute façon j’ai bloqué les boutons,
pour ne pas qu’il remonte.
J’en ai marre d’attendre des signes de vie,
des avis promis qui ne viennent pas,
je préfère qu’on me retrouve torché,
affalé dans mon dégueulis,
plutôt que de me mettre à genoux pour les supplier.
Je dois apprendre à m’en cogner,
m’en taper comme de ma première chemise,
j’allais dire branlette, mais elle je m’en souviens, 
alors que la chemise, pas une seconde.
Je n'avais pas joui.
Je veux retourner dans la matrice,
là ou rien n’est encore,
me nourrir d’un tube
pour bien répondre aux canons de beauté,
ne pas souffrir,
ne pas voir le jour,
ne pas encore crier,
bordel que c’est dur, par moments,
d’avoir un miroir et un éclair de lucidité.
Je ne veux plus toucher de peaux,
de toute façon il y a bien longtemps
que je n’en touche plus,
je ne veux plus rêver de corps qui se frôlent,
de mains qui se cherchent,
de lèvres qui s’effleurent pour des baisers,
qui, tels des vampires,
finiront pas nous vider de notre sang,
de nos entrailles fumantes et puantes
répandues sur nos godasses trouées.
Je veux qu’on me referme,
qu’on balance quelques pelletées de terre,
la nourricière, l’indispensable,
sur ma sale gueule d'ours pas léché,
et dormir, oui, dormir,
jusqu’à ce que ce monde vaille la peine
qu’on ouvre à nouveau les yeux pour lui.
Bordel, j’ai mal, je ne sais même pas de quoi.
De la vie sans doute,
mais c’est ma seule richesse,
c’est aussi ma pauvreté tout entière.
Si rien ne change,
ne me réveillez pas,
je n’irai plus me battre contre la bêtise,
je veux juste dormir pour oublier,
dormir pour tout oublier,
même, s’il le faut, de me réveiller.
Dormir .
Oublier.

 

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