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Il y a fort longtemps en Chine, dans l'empire du milieu vivaient heureux un empereur et son impératrice. Tous deux étaient entourés d'une cour fidèle et travailleuse. Ils eurent une petite fille qu'ils appelèrent Zaé.
Le bonheur était parfait : le peuple était heureux car leur roi était généreux et pacifique.

 

Le temps passa. L'impératrice n'eut pas d'autre enfant.
Un hiver terrible et une vilaine épidémie vinrent briser la sérénité du pays et causer malheurs et drames. L'empereur et son épouse ne purent échapper à la cruelle maladie et moururent laissant une jeune fille de douze ans orpheline.
En Chine, une fille ne pouvait être impératrice, en tout cas pas à l'époque de Zaé. Aussi son oncle, frère de son père, fut appelé au trône.

Ce n'était pas un mauvais empereur, mais Zaé était inconsolable et pleurait tous les jours ses parents tant aimés. Son oncle ne savait plus que faire pour la distraire mais l'adolescente restait cloîtrée dans sa chambre et dans son lit, refusant de se lever, de se coiffer, de se laver et même de manger. Elle se laissait mourir car elle désirait rejoindre ses parents dans l'autre monde.
Son oncle qui avait  fait la promesse de s'occuper d'elle, mit toute son ardeur à la sauver de sa mélancolie. Il fit venir des artistes, des musiciens, des comédiens, des peintres, des chanteurs, des jeunes filles qui voulaient lui apprendre à danser, à tisser, à broder, des hommes politiques qui lui parlaient du pays, des terres, des professeurs de langues, d'Histoire mais rien n'y faisait : Zaé refusait de les recevoir et de se lever.
Elle avait considérablement maigri et était très affaiblie.Tous au palais se préparaient à la mort prochaine de la jeune fille.

 

Trois mois étaient passés, depuis l'enterrement de ses parents.  Le printemps était de retour. La servante de Zaé ouvrit la fenêtre pour faire entrer l'air pur si doux et le soleil dans la chambre de la princesse. C'est alors qu'un couple de rossignols pénétra dans la pièce, vola jusqu'au lit de Zaé et se mit à chanter.

Un chant radieux, merveilleux. Zaé tirée de son sommeil, s'assit sur son lit et pour la première fois depuis des mois se mit à sourire au couple d'oiseaux chanteurs. Ils se mirent  à piailler de plus belle comme pour lui parler. Ils restèrent après d'elle une demi-journée entière puis repartirent. Zaé, ce jour-là, se nourrit.
Le lendemain, elle fit ouvrir grande la fenêtre et attendit. De nouveau, les oiseaux réapparurent mais se placèrent sur le rebord comme pour lui dire :
- Viens jusqu'à nous ! lève-toi !
Mais il était encore trop tôt...Le surlendemain les rossignols réapparurent une troisième fois au même endroit  et insistèrent. Alors Zaé fit des efforts pour se lever, se tenant au mobilier car elle voyait tout tourner tant elle était faible. Elle parvint cependant  jusqu'à la fenêtre. Là, elle caressa ses amis et leur adressa un charmant sourire.
Le jour d'après, Zaé fit ouvrir la fenêtre mais les oiseaux ne se posèrent pas sur le rebord. Elles les entendait chanter dans le jardin. Elle manda sa servante auprès d'eux. La jeune femme revint quelques minutes plus tard: 

– Les oiseaux sont dans le parc, Princesse, et  vous attendent !

– Mais je ne peux descendre ! Je suis bien trop faible !
- Mais si, princesse vous le pouvez ! je vais vous aider !
 
Et Zaé se leva, se lava, s'habilla et descendit, aidée de la servante, jusqu'au jardin sous les regards ravis de son oncle et de toute la cour. Elle marcha jusqu'à un banc. Au-dessus de l'arbre en fleurs, les deux rossignols chantaient une mélodie ravissante ! L'air léger baignait le visage de Zaé qui reprit peu à peu des couleurs.
Le jour suivant les oiseaux étaient au fond du parc, Zaé dut marcher un petit quart d'heure pour les retrouver. Chaque jour, la jeune enfant faisait des progrès, reprenant la marche, le goût de vivre, de s'habiller. Quand vint l'automne Zaé proposa aux rossignols de les protéger du vilain hiver dans la serre du palais. Les oiseaux acceptèrent. 
Une année passa. Les rossignols étaient toujours auprès d'elle.
Deux autres années filèrent. Zaé avait quinze ans. Un matin elle découvrit le couple de rossignols morts près de la rivière. Elle se mit à pleurer.

- Je vais vous rejoindre ! leur dit-elle. Je serai avec vous et mes parents !

Comme elle s’apprêtait à rentrer dans l'eau, un couple de jeunes rossignols se présenta. Ils grondèrent Zaé, lui piquant la joue, et l'obligeant à remonter . Zaé s'assit sur l'herbe.
La femelle rossignol était très virulente : la jeune fille reconnut le ramage de ses amis morts. Étaient-ce leurs petits ? Elle en fut convaincue.  Puis les oiseaux se firent plus amicaux et se  mirent à lui caresser les cheveux et les oreilles, détachant ainsi les deux anneaux d'or que Zaé portait. Les rossignols s'en saisirent et s'envolèrent, les tenant dans leur bec.
Arrivés au dessus de la rivière ils les léchèrent puis dans une chanson charmante prirent congé de la princesse. Zaé voulut rattraper ses anneaux. Elle les apercevait car le fond était limpide. Comme elle se penchait dangereusement, une main ferme la retint.
- Attendez ! Je vais vous les chercher !
 C'était un jeune homme très beau.
Zaé ne peut dire un mot : il  avait déjà plongé dans l'eau. Il en ressortit tenant les deux anneaux d'or. Il les tendit avec un sourire divin à la belle demoiselle :

-Voilà ! Je vous ramène les anneaux que ces petits vauriens vous ont volés !
- Oh ce ne sont pas des vauriens  ! Ce sont mes amis !
Et comme elle disait cela, les deux petits rossignols réapparurent dans un buisson et se mirent à chanter.
- Ah vous voilà ! éclata de rire Zaé .
- Je m'appelle Zin ! Dit le jeune homme
- Et moi Zaé !
- Je sais qui vous êtes ! Tous les gens de l'empire du milieu connaissent votre histoire !

Zaé l'écoutait.

Le jeune garçon était sous le charme de la princesse.. Son père était un grand seigneur des terre amies.
Depuis ce jour les jeunes gens ne se quittèrent plus. Zin apprit beaucoup de choses à Zaé, notamment à nager, à dessiner....

Alors la jeune princesse recouvrit les murs de sa chambre de dessins de rossignols. Un jour Zin demanda à Zaé de l'épouser. Elle y consentit et leur noces furent célébrées en grandes pompes. Dans sa nouvelle demeure, Zaé fit peindre des rossignols dans toutes les chambres.

Le couple vécut longtemps, très longtemps, entouré d'enfants et de rossignols. 

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Laurent de Coudenhove 28/06/2018 18:04

Une mignonne petite histoire, touchante. Je ne suis pas sevré des jolis contes et mon âme enfantine lâche toujours une petite larme.