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Publié par JP Clair

Mis à part les ennuis d’argent, s’il y a une chose qui différencie l’homme de l’animal, c’est bien la parole.Cette extraordinaire faculté dont la nature nous a pourvus nécessite un long apprentissage, fortement encouragé depuis notre naissance par notre entourage familial. Au bout de quelques années, nous savons parfaitement parler, et ensuite il nous reste toute la vie pour apprendre à nous taire.Toute notre éducation repose sur un savant dosage entre les choses que l’on peut dire et celles qui nous sont interdites. Petit à petit, nous avons assimilé toutes ces règles destinées à favoriser les rapports humains, et nous pesons nos mots sans trébucher ! Il est inutile que je développe le sujet, tout le monde a compris ce dont il s’agit.

Au contraire, je voudrais me pencher tout d’abord sur toutes ces expressions et formules courantes que nous utilisons constamment et que l’on peut classer sans hésitation dans la colonne de la bienséance mais qui, employées dans certaines circonstances particulières, deviennent pratiquement des gaffes. Je vais donc simplement citer quelques exemples pour la compréhension.

JP Clair

 

Pour convaincre une amie hésitante à avouer à son mari qu’elle l’avait trompé, cette dame l’incita en ces termes : « Il faut prendre le taureau par les cornes … ».

Sous le coup de la colère, on peut être amené à prononcer des paroles dont la portée nous échappe. En voici des échantillons :

Un professeur arrive difficilement à faire son cours, sans arrêt troublé par des bavardages d’élèves. Soudain, il se fâche et déclare : « C’est inouï, dès que j’ouvre la bouche il y a un imbécile qui parle ! ».

Un propriétaire d’écurie de course rentre chez lui à l’improviste et surprend sa femme au lit avec l’un de ses jockeys. Furieux, il s’exclame à l’adresse de ce dernier : « C’est la dernière fois que vous montez pour moi », ajoutant même : « Sortez ! ».

Parfois l’expression peut avoir un autre sens au second degré, mais l’on ne sait pas toujours si son usage est intentionnel. Une employée de maison conseillait son patron en ces termes : « Monsieur ferait bien de se dépêcher de sortir, il va faire un temps de cochon ».

La formulation d’une expression réserve parfois des surprises amusantes pour un esprit tendancieux très attentif et réagissant par exemple aux propos d’un ancien combattant qui prétend avoir pris des hémorroïdes au front.

La gaffe que l’on commet procure un sentiment de gêne indescriptible et désagréable à l’opposé de la jubilation que l’on éprouve après avoir lancé volontairement un pavé dans la mare en mettant les pieds dans le plat, sans langue de bois.

L’usage sans contrainte de la parole se nomme liberté d’expression, mais dans la pratique tout nous incite à ne pas en abuser. De nombreuses formules nous le rappellent constamment.

De « contrôlez votre langage » à « mesurez vos expressions », on se rend compte que la parole se contrôle et se mesure sans aucun instrument. On nous recommande également de peser nos mots, les gros mots étant forcément les plus lourds.

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