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Publié par dix vins blog

Afficher l'image d'origineChaque année se renouvelle sur la frontière pyrénéenne l’antique cérémonie de la vallée de Roncal, au cours de laquelle, selon l’usage, trois génisses blanches, qui constituent le tribut annuel jadis imposé aux habitants de la vallée française de Baretons, à la suite d’une bagarre sanglante, sont remises aux autorités espagnoles.

Cette cérémonie date du XIV° siècle et s’est perpétuée à travers les âges. Le rite en a cependant été modifié depuis une trentaine d’années et voici pourquoi :

Autrefois lorsque les génisses avaient été livrées et avant que, de chaque côté, on prît part fraternellement au repas servi sur l’herbe, les Espagnols s’avançaient le fusil à la main jusqu’à la limite de leur frontière et déchargeaient leurs armes en direction de la France avec un air de défi.  Je dois dire que personne dans le camp français ne se sentait ému par cette provocation. Nos compatriotes savaient fort bien que cinq minutes après ils trinqueraient avec leurs adversaires et qu’en somme tout cela n’était que de la mise en scène.

Mais le hasard fit qu’un touriste parisien assista à ce spectacle pittoresque. Son patriotisme fut exaspéré par le geste des habitants de Roncal : il y vit une insulte faite à notre drapeau et, dare-dare, il adressa aux journaux une lettre de protestation qui produisit son effet.  Il fut désormais convenu que les Espagnols ne tireraient plus  de coups de fusil ou viseraient le ciel, ce qui ne froisserait personne.

Sur un autre point de notre territoire se déroule  également, périodiquement, une cérémonie à peu près semblable à celle de la vallée de Roncal et, comme elle, elle est fort ancienne :

Afficher l'image d'origineLa  remise du tribut que les Andorrans paient chaque année, tantôt à l’évêque catalan d’Urgel, et tantôt à la France, dont ils sont les protégés. C’est le préfet de Perpignan, qui porte le titre de coprince d’Andorre et touche, de ce fait,  un supplément de traitement appréciable, à qui revient l’honneur de recevoir tous les deux ans les syndics de la plantureuse vallée, chargés de remettre le tribut d’usage.  La cérémonie a pour cadre le salon de la préfecture et se déroule toujours de la même manière : le doyen des syndics prononce un petit discours en catalan, auquel le préfet ne comprend pas un traître mot et ce dernier répond en français, mais sans se faire entendre davantage. Sur ce, le syndic, dépose une grosse bourse en cuir qui enferme le montant du tribut, et tous les assistants se rendent dans la salle à manger où les attend un déjeuner offert par le préfet. Dernier détail, jamais on ne vérifie le contenu de la bourse, par correction d'abord, et ensuite parce qu’on sait fort bien qu'il ne s'y trouve que des pièces douteuses, c’est la tradition et elle est scrupuleusement respectée. 

Almanach Vermot 1921 - Vieilles cérémonies, vieux usages  - 17 juillet 1921
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