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Publié par dix vins blog

Description de cette image, également commentée ci-après

L’histoire jugera celle qui fut la femme de Napoléon III. La mort de « la comtesse de Pierrefonds « qui se confina dans une sévère retraite pendant un demi-siècle, nous amène à jeter un coup d’œil sur ce passé qui a pris depuis six ans un brusque recul, et qui cependant nous apparaît sous un jour beaucoup plus net, depuis que nous avons secoué l’oppression de la défaite. Nos cœurs libérés comprennent mieux, dit M. Saint Brice, cette époque brillante, qui vit un moment toute l’Europe aux pieds de la France, qui nous procura pour la première fois depuis 1815 cette impression de grandeur à laquelle les Français ne sont jamais insensibles. Enivrement passager qui devait avoir un cruel réveil, mais dont tous ceux qui l’ont connu ont gardé l’empreinte ineffaçable. Tout ne fut pas mirage dans ce météore.

Le second empire vit s’épanouir la puissance d’expansion, reconstituée par la Restauration et la Monarchie de juillet. Il connut une magnifique prospérité, qui, même à travers l’ombre de la catastrophe, projette un grand éclat sur la couronne éphémère d’Eugénie de Montijo.

C’est à Grenade que naquit, le 5 mai 1826 dona Eugénie de Guzman Portocarrero y Palafox, comtesse de Teba, marquise de Moya. Fille du comte de Montijo et d’une Écossaise, Marie Manuela Kirkpatrick, elle était issue d’une famille plus riche de parchemins que de douros. Sa beauté aurait suffi à lui servir de dot. Elle ne lui permettait pas de passer inaperçue, d’abord dans les villes d’eaux des Pyrénées, puis à Paris, où une mère plus ambitieuse peut-être que la jeune fille s’acharnait à la recherche du beau parti.

La conquête n’était pas facile et Eugénie de Montijo avait depuis longtemps coiffé sainte Catherine quand l’heure du destin sonna pour elle.

Prosper Mérimée, qui connaît sa famille de longue date, présente la jeune Espagnole à la princesse Mathilde. C’est chez sa cousine que Napoléon III la rencontre en 1852. Il est immédiatement séduit. Aurait-il pensé au mariage s’il n’avait été sous le coup de la déception causée par l’échec de ses visées sur une grande duchesse russe ? Toujours est-il que le 30 juin 1853 les noces impériales étaient célébrées à Notre-Dame. Le 16 mai 1856 le prince impérial naissait au milieu de l’enthousiasme causé par la chute de Sébastopol. La dynastie fondée sur la victoire reprenait racine dans le triomphe militaire. Y eut-il jamais plus belles promesses d’avenir ?

Et on s’abandonna sans réflexion aux sourires de la Fortune. Les exploits succédaient aux exploits. Après l’Alma et Malakoff, Magenta et Solferino. La néfaste aventure du Mexique commençait elle-même par le beau fait d’armes de Puebla. A l’intérieur les traités de commerce de 1860 faisaient affluer les richesses. L’Exposition de 1867, le canal de Suez portaient très haut l’honneur du nom français. Ardente au plaisir et généreuse comme une vraie fille d’hidalgo, l’impératrice Eugénie entraînait la cour dans un tourbillon de fêtes aux Tuileries, à Compiègne. Ce fut une apothéose.

 

 

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