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Publié par dix vins blog

Calendrier anecdotique

La Fontaine, à la première représentation de son opéra d’Astrée, était dans une loge derrière des dames qui ne le connaissaient point. Il se déchaînait contre la plupart des endroits de ce poème en s’écriant :

- Cela est du dernier détestable ! cela est pitoyable !

Ces dames ennuyées de l’entendre se déchaîner ainsi, lui dirent :

- Monsieur, cela n’est pas si mauvais, et l’auteur est d’ailleurs M. de la Fontaine.

- Eh, mesdames, reprit-il, cela n’empêche pas que la pièce ne vaille pas le diable. Ce La Fontaine dont vous parlez est un stupide ; je le connais : c’est moi-même !

 

Il sortit après le premier acte, et s’en alla au café Marion, où il s’endormit dans un coin. Un homme de sa connaissance entra, et, surpris de le voir, il s’écria :

- Comment donc, M de la Fontaine est ici ! ne devrait-il pas être à la première représentation de son opéra ?

A ces mots l’auteur se réveille et dit en baillant :

- Je m’étais déchaîné contre le premier acte, qui me déplaisait souverainement ; on n’a pas voulu m’en croire, je n’ai pas voulu en entendre plus. J’admire la patience des parisiens !

 

Orthographe phonétique

Un coiffeur avait remarqué combien aux heures d'affluence et en particulier le samedi soir, il devenait fastidieux de répondre aux clients qu'effarait la perspective d'une longue attente :

- Une minute, monsieur...C'est votre tour.

Mais comme les minutes de de coiffeur ont la faculté de se multiplier à l'infini, le nouveau venu, d'un coup d'oeil faisait le tour du salon encombré, promettait vaguement de repasser en des temps meilleurs et s'éclipsait. Pour retenir cette clientèle impalpable et fuyante qui lui glissait des doigts chaque semaine, notre Figaro résolut d'augmenter son personnel.Il prit trois garçons expert dans l'art capillaire, puis il fit peindre une monumentale enseigne qu'il mit en bonne place à sa devanture. Et il se frotta les maison dans l'attente du Pactole certain.

Mais depuis le coiffeur dépérit, il se lamente, maigrit. Son visage se creuse et son front se rembrunit. Les clients semble avoir désappris le chemin de sa boutique. Les garçons auprès des fauteuils vides.

Avait-on jeté un sort sur le salon ? L'enseigne ne portait-elle pas ses fruits ? Hélas, elle ne les porte que trop ! En effet lorsqu'un passant fait mine d'entrer il lit d'abord l'inscription qui accroche ses regards, consulte sa montre et s'éloigne en homme qui n'a pas de temps à perdre. L'innocent calicot, cause de tout le mal, ne porte pourtant que ces trois mots, en lettres enormes :

" ON N'ATTEND PLUS !!! "

Almanach Vermot 1921 : Histoires drôles
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