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Publié par dix vins blog

 

Les chantres aériens

La plus charmante exposition met un coin de printemps et de mélodie au cœur de Londres. Cinq mille oiseaux rares dont la valeur est estimée à 50000 livres sterling, sont rassemblés dans un vaste palais. C’est la plus belle manifestation de ce genre qu’ait vue l’Angleterre. Les perruches ondulées sont le triomphe du jour. Elles parlent, elles récitent, elles chantent. Elles ont plus de voix de douceur et d’esprit que les perroquets. Certaines vous débitent d’un ton harmonieux plusieurs petits poèmes et terminent en vous disant, avec un petit signe de tête :

«  Ok, baby ! « C’est ainsi que leur ramage se rapporte à leur plumage, à leur plumage aux teintes pastel.

On cite encore, parmi les autres étoiles de l’exposition, un bouvreuil qui dispose de tout un répertoire de chansons ; un geai blanc qui aboie comme un chien.

Parmi ces milliers d’oiseaux, depuis les minuscules mésanges hindoues jusqu’aux faisans, il en est qui valent de petites fortunes. On estime à mille livres un des plus petits, un colibri qui change sa couleur sous les yeux même des visiteurs, et fait passer son éclat de la topaze au rubis. Cette vivante pierre précieuse est gardée dans une cage de verre chauffée. Mélancolique, le doyen des canaris anglais, un oiseau de vingt-deux ans, chauve et aphone, penche la tête avec l’air de penser «  ceci passera comme le reste «. 

chant du colibri

Les gaz contre…les gangsters

Le trajet Afrique du Sud-Amérique du Nord via Londres est un peu long... Surtout lorsqu’on l’effectue  en se faisant accompagner d’une cinquantaine de millions de pierres précieuses.

C’est pourtant ce long périple qu’ont accompli Messieurs JF Sullivan et L. Footh, directeurs de la célèbre firme Sud-Africaine la De Beers.

Ils emportaient avec eux, en se rendant à la foire mondiale, des diamants de Chicago, un lot superbe de gemmes.

Ces diamants les uns taillés et les autres bruts, furent exposées dans la vitrine d’une des rues les plus passantes de Chicago.

Voilà semble-t-il, de prime abord, des pierres précieuses fort aventurées dans une cité où les « gangsters « les plus redoutables, les plus hardis, paraissent s’être donné rendez-vous.

Mais MM.Sulivan et Footh ne sont pas des novices. Ils ont pris toutes les mesures défensives utiles ainsi que vous allez en juger.

La glace de la vitrine ne peut pas être cassée par les moyens ordinaires : coups de crosse de revolver, masse de fer, pavé lancé… mais en admettant qu'elle cède, la brisure entraîne immédiatement la descente des diamants dans les sous-sols. Automatiquement ils se rangent dans une chambre forte, simplement blindée et qui se clôt automatiquement aussi.

Mais ce n’est pas tout. Dès que la chambre forte est refermée, des gaz toxiques se dégagent et en interdisent toute approche.

L’entrée du magasin n’est pas libre. Il faut sonner pour que la porte s’ouvre. Les clients ne pénètrent que un par un. On les installe confortablement dans des fauteuils et chacun d’eux a…un ange gardien qui vient se placer derrière lui. Comme par hasard tous ces anges gardiens ont la main droite dans la poche de leur veston.

Au premier geste suspect le client recevrait une balle dans la nuque.

Enfin, un surveillant placé dans une cabine de verre située à trois mètres du sol, cabine dont le verre défie les balles « peut clore instantanément la porte donnant accès au magasin et provoque la chute d’un lourd rideau de fer extérieur.

Les malandrins audacieux qui tenteraient de ravir les précieux diamants de la De Beers seraient pincés comme dans une souricière.

Samedi 29 janvier 1938

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