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Il y a un vous découvriez au travers de ses écrits une poétesse et novelliste stéphanoise, Carole Dailly ( http://www.dixvinsblog.com/2019/06/une-auteure-a-l-honneur-carole-dailly.et-le-doux-nom-de-guerison-henri-merle.html )...Cette année encore Carole nous fait le plaisir d'offrir aux lectrices et lecteurs  du Dix Vins Blog la primeur de son dernier recueil poétique "   La petite voix "... Cette petite voix elle la dédie à ceux que la vie  à parfois malmenés : A la laideur et à la beauté, au bien et au mal, au sel de la vie et à la poésie, sans qui, rien se serait...

 

Aux enfants, petits et grands, oubliés par la Grâce
Au vilain petit canard
Aux naufragés des plages d’ici ou d’ailleurs, ni morts ni relevés,
Aux vieux qui dorment sur le béton,
A Namayé, la petite lionne blessée à mort,
Et à sa mère forcée de l’abandonner, survie oblige,
A leur dernier regard.

Carole Dailly

A découvrir chaque lundi et vendredi de juillet...

Chapitre 1
1
Ils disaient : le monde est vaste pour une main offerte
Ils disaient : on ne le compte pas,
On le prend comme il nous prend,
Comme il nous rend à nous,
Dans le dépouillement
Et dans l’abondance


2

Mais
Echouée,
Plus de danse du flot …
Sans flot,
Quelle légèreté ?
Quelle grâce ?


3
La petite voix vient de loin
Elle a quelque chose de la vague
Quelque chose de l’algue
Rapportée par l’écume
Séparée
Et maintenant
Elle va rester là
Dans le temps qui passe
Loin du grand mouvement
Son espace - lumière
Et le bruit de la mer
Son propre souffle retournant parfois aux déroulés du vent
Elle éprouve le figé
Et la rigueur du sel
Elle éprouve sa blancheur
Elle la regarde jouer
Dans le sable, dans l’écume, l’horizon
Elle va rester là
En lisière du ressac
À une vague du reflux
Et de l’échappée belle,
Pas si loin des rochers
De leurs strates irisées
Dégagées par le vent
A la moindre lumière
Les formes dessinées
Par le grand ancêtre
Le très puissant
Le très cher temps,
Et le grand mouvement,
Semblent veiller,
Étrangement familières
Vieilles âmes en escorte
Amies imaginaires
Nichées dans l’infime
Et seuil d’horizon
                                                               
Ton souffle parfois le rejoint Á retrouver le large
Dans la lumière du temps
Tout semble l’accompagner
Et répondre,
Coquillage aux murmures
Portés à l’oreille
Et aux retours du vent

 

4
Petite chose là sur le sable
Blessée jusqu’au monstrueux
Tes chairs gonflées d’abandon
Á ciel ouvert
Voiles au vent du dernier horizon
Ton silence s’élève en transparence
Le corps en travail
L’impuissance à l’œuvre
Le profond dépouillement,
C’est la vie et l’obscur
Et peut-être l’amour
C’est tout autour de toi
Et la pure présence
D’un entendement
Bien au-delà de soi
Pourtant, ce rendez-vous
C’est là, c’est maintenant

A quelques pas des vagues,
De la danse des courants
Ce chant du grand mouvement
Ce grand chant du mouvement
Sa grâce et son regard
Les bras d’une mère
Et pourtant jamais atteints
Et toujours si ouverts
Illimitée,
L’aura du souffle pour un temps-requiem
Alors toi, là
En face
Toi et le dérisoire,
La souffrante exhalaison
L’agonie marbrée à saigner jusqu’au noir
Scarifiée d’un adieu n’en finissant pas de finir
N’en finissant pas de l’appel d’amour encore
Jusqu’à l’obscur,
Dans la beauté cinglante
Tour à tour cinglante et Mère
C’est tout ce que je ne peux ignorer
Que tu me dis sans mot
5
Car ici c’est l’exil et l’absence
2 en 1 jusqu‘au bout
Petite chose devenue
Dire que c’est l’infortune
Dire que c’est l’inconscience
Et puis dire que c’est bien pire, que c’est dans le regard
Tu le confies au vent
Ta voix s'est enfouie, tu l’exhales,               
 Qu’importe, c'est l'infime
Tu remets le ténu au ténu                           Comme la fleur son pollen au vent
Tu vas rester là
A flanc d'infini
Et à flanc d'infini
Le sel érosif trace l'instant
Tu vas rester là,
Au gré du temps,

Du mystère d’être,
Tu sais cela
Mais ce n’est pas
Sans cœur battant
Sans cœur ardent
Sans cœur d’enfant toujours
Tu remets le ténu au ténu
Et le vent passe et repasse, doucement
Il peut la caresse et il le fait Je te dis qu’il le fait
                                                                 
Miroir, ô mon miroir … Que t’avais-je fait ?!

 

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